Publié le 17 octobre 2025. Malgré l’échec de son offre sur Banco Sabadell, le président de BBVA, Carlos Torres, a vu sa rémunération augmenter de près de 15 % en 2025, atteignant 9,1 millions d’euros, tandis que la banque affiche des bénéfices records et promet des dividendes massifs à ses actionnaires.
- Carlos Torres, président de BBVA, a perçu 9,1 millions d’euros en 2025, une augmentation de 14,75 % par rapport à l’année précédente.
- L’échec de l’offre publique d’achat (OPA) sur Banco Sabadell n’a pas eu d’impact sur la rémunération des dirigeants.
- BBVA prévoit de soumettre à son assemblée générale une nouvelle politique de rémunération, avec des augmentations des émoluments fixes et variables.
L’année 2025 aura été marquée pour BBVA par une tentative de rachat de Banco Sabadell qui s’est soldée par un échec. L’offre publique d’achat, lancée en mai 2024, n’a recueilli qu’un peu plus de 29 % d’acceptations, bien en deçà du seuil de 50 % visé par BBVA. Malgré ce revers, la banque espagnole a enregistré des résultats exceptionnels, avec un bénéfice net de 10,511 millions d’euros, en hausse de 4,5 % sur un an. Ces performances lui permettent de distribuer le dividende le plus important de son histoire, s’élevant à 5,2 milliards d’euros, après approbation du conseil d’administration.
Selon les informations communiquées à la Commission nationale du marché des valeurs mobilières (CNMV), la rémunération globale en espèces de Carlos Torres s’élève à 4,71 millions d’euros, en légère baisse (-0,2 %) par rapport à 2024. Ce montant se compose d’un salaire de 2,9 millions d’euros, d’une prime à court terme de 821 000 euros et d’une prime à long terme de 927 000 euros. La principale différence réside dans la valorisation du portefeuille d’actions BBVA attribué au titre de la rémunération variable, qui s’élève à 4 millions d’euros supplémentaires. La forte progression du cours de l’action BBVA en 2025 (+112 %), notamment après l’abandon de l’OPA sur Sabadell, a contribué à cette augmentation.
Le directeur général de BBVA, Onur Genç, a également bénéficié d’une augmentation de sa rémunération, qui s’établit à 8,14 millions d’euros en 2025, contre 7,32 millions d’euros l’année précédente, soit une hausse de 11,16 %. Sa rémunération en espèces s’élève à 4,74 millions d’euros (-0,8 % par rapport à 2024), tandis que la valorisation de ses actions atteint 3 millions d’euros. Le salaire fixe de M. Genç s’élève à 2,17 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 614 000 euros de primes à court terme et 701 000 euros de primes à long terme.
BBVA entend proposer à sa prochaine assemblée générale une nouvelle politique de rémunération pour ses administrateurs, valable pour les années 2027, 2028 et 2029. Cette proposition prévoit de nouvelles augmentations des émoluments fixes et variables des deux principaux dirigeants. La banque accordera une importance accrue à la prime à long terme, qui représentera désormais 50 % de la rémunération variable, contre 36 % auparavant. En termes de salaire fixe, BBVA propose d’augmenter la rémunération de Carlos Torres à 3,1 millions d’euros (+5 %) et celle d’Onur Genç à 2,71 millions d’euros (+1 %), en intégrant à son salaire fixe l’indemnité de mobilité qu’il percevait jusqu’à présent. La part de la rémunération fixe passera à 43 %, le reste étant constitué de la rémunération variable.
Cette nouvelle politique de rémunération s’inscrit dans le cadre du nouveau plan stratégique de BBVA, présenté cet été. Ce plan prévoit la distribution de 36 milliards de dollars à ses actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions, ainsi qu’un bénéfice cumulé de 48 milliards d’euros, une rentabilité moyenne de 22 % et un taux d’efficacité de 35 %. La banque mise également sur une forte génération de capital, atteignant environ 49 milliards d’euros de capital CET 1, dont 39 milliards de capital généré. Elle prévoit d’allouer 13 milliards de ce capital à la croissance et 36 milliards à la rémunération des actionnaires, répartis entre 24 milliards de résultats ordinaires et 12 milliards de capital excédentaire.