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De nouvelles avancées dans la composition chimique du noyau terrestre

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Publié le 14 février 2026. Des recherches récentes révèlent que le noyau terrestre pourrait être bien plus qu’un simple centre de gravité : il jouerait un rôle crucial dans la présence d’eau et des éléments nutritifs essentiels à la vie sur notre planète.

  • Le noyau terrestre contiendrait une quantité d’hydrogène équivalente à 9 à 45 fois le volume de tous les océans actuels.
  • L’eau présente sur Terre pourrait être d’origine interne, présente dès la formation de la planète et non apportée par des comètes.
  • Un équilibre chimique précis, établi au cours du premier million d’années de la Terre, a permis de retenir le phosphore et l’azote à la surface, indispensables à la vie.

Le noyau terrestre, longtemps considéré comme une sphère de fer en fusion, se révèle être un acteur clé dans l’histoire de notre planète. Deux études publiées en février 2026 dans les revues Communications Nature et Nature Astronomy apportent de nouvelles preuves de son influence déterminante sur la chimie de la Terre et, par conséquent, sur l’émergence de la vie.

L’une de ces études, dirigée par Dongyang Huang, a permis de quantifier pour la première fois la quantité d’hydrogène présente dans le noyau terrestre. Les résultats indiquent une concentration comprise entre 0,07% et 0,36% en poids, ce qui représente une réserve colossale, équivalente à 9 à 45 fois le volume de nos océans actuels. Cette découverte remet en question les théories antérieures sur l’origine de l’eau sur Terre.

Selon les chercheurs, l’hydrogène ne serait pas simplement dissous dans le fer du noyau, mais piégé à l’intérieur de minuscules structures composées de silicium et d’oxygène. Cela suggère que ces trois éléments se sont combinés dès les premiers stades de la formation de la Terre et ont plongé ensemble vers le centre de la planète. « Cela suggère que le silicium, l’oxygène et l’hydrogène ont été capturés en même temps par le noyau lors de la naissance de la Terre », expliquent les auteurs de l’étude.

Cette hypothèse renforce l’idée que l’eau n’a pas été apportée par des comètes, comme on le pensait auparavant, mais qu’elle était déjà présente sur Terre à sa formation. Les scientifiques ont constaté une correspondance presque parfaite entre la quantité d’hydrogène et celle de silicium dans les échantillons analysés, ce qui indique un mélange naturel lors de la formation de la planète. Selon les chercheurs, la Terre aurait ainsi acquis la majeure partie de son eau dès ses premières étapes de croissance.

Parallèlement, une autre étude, menée par Craig R. Walton de l’ETH Zurich, explore la disponibilité des éléments essentiels à la vie, tels que le phosphore et l’azote, sur les planètes rocheuses. Les résultats de cette recherche soulignent l’importance d’un équilibre chimique précis, notamment en ce qui concerne les niveaux d’oxygène (appelés fugacité de l’oxygène) lors de la formation du noyau.

Grâce à des simulations informatiques, l’équipe de Walton a démontré que seule une fourchette très étroite d’équilibre chimique permet de retenir des quantités suffisantes de phosphore et d’azote dans le manteau terrestre. Ils parlent de « zone chimique Boucle d’or ». « Nos modèles montrent clairement que la Terre se situe précisément dans cette fourchette. Si nous avions eu un peu plus ou un peu moins d’oxygène lors de la formation du noyau, il n’y aurait pas eu assez de phosphore ou d’azote pour le développement de la vie », a déclaré Walton dans un communiqué de l’ETH Zurich.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de Huang a utilisé des presses diamantées haute puissance et des lasers pour recréer les conditions extrêmes de pression et de température qui régnaient au cœur de la Terre lors de sa formation. Les expériences ont atteint des pressions de 111 gigapascals (plus d’un million de fois la pression atmosphérique) et des températures de 5 100 °C. En refroidissant des échantillons de fer métallique en présence d’eau, ils ont observé la formation de minuscules amas d’atomes composés de silicium, d’oxygène et d’hydrogène, identifiés grâce à une technique de cartographie tridimensionnelle.

L’équipe de Walton a quant à elle utilisé des simulations informatiques pour modéliser la répartition des éléments chimiques lors de la différenciation de la Terre en noyau et en manteau. Leurs résultats montrent que le phosphore a tendance à se lier aux métaux lourds et à s’enfoncer vers le noyau en l’absence d’oxygène, tandis que l’azote s’échappe dans l’atmosphère en présence d’un excès d’oxygène. Un équilibre précis est donc nécessaire pour maintenir ces éléments essentiels à la surface.

Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives sur l’origine de l’eau sur Terre et sur les critères à prendre en compte dans la recherche de la vie au-delà de notre système solaire. Elles suggèrent que la présence d’eau ne suffit pas : il est également crucial de tenir compte de la composition chimique de l’étoile hôte et de l’équilibre chimique qui règne au sein de la planète. La recherche de vie extraterrestre devra désormais se concentrer sur les systèmes solaires présentant des conditions similaires à celles de la Terre primitive, afin de maximiser les chances de trouver des planètes capables de supporter la vie.

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