Publié le 14 février 2026 à 15h13. Les syndicats argentins se mobilisent contre la réforme du travail en préparation au Parlement, menaçant de grèves générales pour faire pression sur le gouvernement.
- La Confédération générale du travail (CGT) et d’autres organisations syndicales préparent une grève générale pour contrer la réforme du travail.
- Le gouvernement espère obtenir l’approbation du projet de loi sans modifications, mais l’opposition et les syndicats s’y opposent fermement.
- Plusieurs syndicats, dont l’ATE et l’UOM, appellent à une mobilisation massive et à un plan d’action coordonné.
La réforme du travail en Argentine suscite une vive opposition de la part des syndicats, qui dénoncent une atteinte aux droits des travailleurs. La CGT, principale centrale syndicale du pays, a convoqué ses membres à se mobiliser et n’exclut pas la possibilité d’une grève générale pour bloquer l’adoption du projet de loi.
L’initiative a déjà été adoptée en première lecture au Sénat le mercredi précédent, avec 42 voix pour et 30 contre. Le gouvernement cherche désormais à obtenir un vote favorable à la Chambre des députés, sans apporter de modifications au texte initial. Cependant, cette stratégie se heurte à la résistance des syndicats et de l’opposition parlementaire.
Lors des négociations avec le gouvernement, la CGT a obtenu quelques concessions, notamment le maintien des cotisations de solidarité et la suppression d’un article prévoyant une réduction des cotisations patronales pour les œuvres sociales. Mais ces avancées ne suffisent pas à apaiser les craintes des syndicats, qui estiment que la réforme du travail porte atteinte aux acquis sociaux.
Abel Furlan, chef de l’UdM, a critiqué la CGT, estimant qu’elle n’a pas suffisamment défendu les intérêts des travailleurs. Il a annoncé que son organisation demanderait la convocation d’une grève générale en cas de débat sur le projet de loi à la Chambre des députés.
« Nous avons un avis très personnel : il n’y avait rien à négocier dans ces 213 articles, car ils représentent une perte de dignité pour les travailleurs. Il fallait absolument le rejeter. »
Abel Furlan, chef de l’UdM
D’autres syndicats, comme l’Association des travailleurs de l’État (ATE), se sont également joints à l’appel à la grève. Son secrétaire général, Rodolfo Aguiar, a déclaré :
« Nous demandons que la CGT convoque à un arrêt de travail. Toutes les conditions sont réunies et les raisons de déclencher une grève générale ne manquent pas. »
Rodolfo Aguiar, secrétaire général de l’ATE
La Fédération des producteurs de pétrole, dirigée par Daniel Yofra, a également exprimé son soutien à la mobilisation syndicale. Yofra a insisté sur la nécessité d’un plan d’action coordonné pour contrer la réforme du travail :
« Il n’y a aucune possibilité d’arrêter une loi comme celle-ci s’il n’y a pas de plan de lutte. »
Daniel Yofra, chef de la Fédération des producteurs de pétrole
Le Front syndical uni (Fresu), qui regroupe l’UOM, Aceiteros, les deux CTA et l’ATE, a annoncé un nouveau plan de combat comprenant des mobilisations dans différentes provinces et des grèves et manifestations lors du débat parlementaire. Le communiqué précise que le Fresu appelle à une nouvelle grève générale avec mobilisation au Congrès le jour où la réforme du travail sera discutée à la Chambre des Députés.
Le gouvernement, de son côté, tente de rallier les députés à sa cause et espère obtenir un vote favorable avant la fin du mois de février. Il doit également gérer les tensions avec les syndicats et l’opposition, qui dénoncent une réforme du travail qui affaiblit les droits des travailleurs et favorise les intérêts des employeurs.