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Signal cérébral lié aux compulsions TOC identifié

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Publié le 14 février 2026 à 19h38. Des chercheurs ont identifié une signature d’activité cérébrale spécifique, liée aux comportements compulsifs chez les patients atteints de trouble obsessionnel-compulsif (TOC), ouvrant la voie à des traitements plus ciblés et personnalisés grâce à la stimulation cérébrale profonde.

  • Une activité anormalement élevée à haute fréquence dans le cortex orbitofrontal antéromédial droit est corrélée à l’intensité des symptômes du TOC.
  • La stimulation cérébrale profonde (SCP) ciblée a permis de réduire rapidement les comportements compulsifs chez trois patients atteints de TOC sévère et résistant aux traitements conventionnels.
  • Ces découvertes pourraient mener à des systèmes de SCP « réactifs », qui ne s’activeraient que lorsque des signaux cérébraux pathologiques liés au TOC seraient détectés.

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) se manifeste par des pensées intrusives et des comportements répétitifs, tels que le lavage excessif des mains, la vérification compulsive ou des rituels mentaux, qui peuvent considérablement perturber la vie quotidienne. Bien que les antidépresseurs et la psychothérapie soient souvent efficaces, environ 30 % des patients ne répondent pas à ces traitements.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Pennsylvanie a mis en évidence un schéma d’activité cérébrale anormal dans une région spécifique du cerveau, le cortex orbitofrontal antéromédial (amOFC), chez des personnes souffrant de TOC. Cette zone cérébrale est impliquée dans la prise de décision et l’évaluation des risques et des bénéfices, des fonctions qui semblent perturbées chez les patients atteints de TOC.

L’étude, publiée dans la revue Cell, a porté sur trois patients atteints de TOC sévère et résistant aux traitements. Des électrodes ont été implantées pour stimuler une petite région cérébrale profonde, le noyau accumbens-pallidum ventral, située dans le côté droit du cerveau. Lorsqu’on sollicitait les patients en leur présentant des situations susceptibles de déclencher leurs symptômes – par exemple, en leur demandant de toucher des objets sales pour un patient souffrant d’une peur de la contamination – les chercheurs ont observé une activité anormalement élevée dans l’amOFC.

« Identifier une activité cérébrale constante malgré des symptômes différents représente une avancée majeure dans le développement de nouvelles thérapies pour gérer les TOC »,

Casey Halpern, MD, professeur de neurochirurgie et chef de division de neurochirurgie fonctionnelle et stéréotaxique.

En stimulant l’amOFC, l’équipe a constaté une diminution de cette activité anormale et une atténuation rapide des symptômes compulsifs chez les trois patients. Ces résultats suggèrent que la perturbation de ce signal cérébral pourrait être une stratégie thérapeutique efficace pour les TOC.

La stimulation cérébrale profonde (SCP) est approuvée par la Food and Drug Administration (FDA) depuis 2009, dans le cadre d’une exemption pour dispositifs humanitaires, pour le traitement des TOC sévères et résistants chez les adultes. La SCP actuelle délivre une stimulation continue, mais les chercheurs espèrent développer des systèmes plus sophistiqués, capables de s’adapter en temps réel à l’activité cérébrale du patient.

« Notre objectif est de développer un système de SCP réactif qui surveille l’activité cérébrale et ne délivre une stimulation que lorsque les symptômes du TOC sont déclenchés », explique Younghoon Nho, PhD, associé de recherche au département de neurochirurgie. L’étude complète est disponible ici.

Katherine Scangos, MD, PhD, professeure agrégée de psychiatrie, ajoute que ces systèmes personnalisés pourraient permettre des traitements plus précis et adaptés aux besoins spécifiques de chaque patient.

Financement : L’étude a été soutenue par les National Institutes of Health (NCT05623306), la Foundation for OCD Research (FFOR) et la Foundation AE.

Questions clés répondues :

Q : Quelle région du cerveau est liée aux compulsions liées au TOC ?

R : Les chercheurs ont identifié une activité anormale à haute fréquence dans le cortex orbitofrontal antéromédial droit (amOFC) lors de symptômes compulsifs.

Q : Comment la stimulation cérébrale profonde a-t-elle affecté les symptômes du TOC ?

R : Une stimulation ciblée a réduit le signal anormal et a rapidement atténué les symptômes chez trois patients résistants au traitement.

Q : Qu’est-ce que le DBS réactif ?

R : Un système de nouvelle génération qui surveille l’activité cérébrale et délivre une stimulation uniquement lorsque des signaux pathologiques liés au TOC sont détectés.

Notes éditoriales :

  • Cet article a été édité par un éditeur de Neuroscience News.
  • Article de journal révisé dans son intégralité.
  • Contexte supplémentaire ajouté par notre personnel.

À propos de cette actualité de la recherche sur les TOC et les neurosciences

Auteur : Kelsey Geesler
Source : Université de Pennsylvanie
Contact : Kelsey Geesler – Université de Pennsylvanie
Image : L’image est créditée à Neuroscience News

Recherche originale : Accès libre.
« L’activité neuronale orbitofrontale humaine est liée à une dynamique comportementale obsessionnelle-compulsive » par Young-Hoon Nho, Liming Qiu, Robert L. Seilheimer, Gustavo Campos, Andrew Chang, Zhengjia Wang, John F. Magnotti, Michael S. Beauchamp, Daniel AN Barbosa, Andreas Horn, Nolan R. Williams, Lily A. Brown, Taneeta M. Ganguly, Mario Cristancho, Bijan Pesaran, Desmond J. Oathes, Kai J. Miller, Katherine W. Scangos, Casey H. Halpern. Cell
DOI:10.1016/j.cell.2025.12.037

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