Publié le 14 février 2026 20:49:00. À l’approche du Têt, le Nouvel An lunaire vietnamien, les employés de maison et les professionnels de la beauté à Hanoï s’épuisent à travailler de longues heures pour répondre à une demande accrue, au risque de compromettre leur santé.
- Les aides domestiques et les coiffeurs de Hanoï travaillent quotidiennement entre 13 et 15 heures pour faire face à l’afflux de commandes avant le Têt.
- Malgré des conditions de travail éprouvantes, ces travailleurs sont motivés par des revenus significativement plus élevés pendant cette période cruciale.
- Les problèmes de santé liés à ces longues heures de travail, tels que l’inflammation des mains et les douleurs musculaires, suscitent des inquiétudes.
L’approche du Têt, la fête la plus importante du calendrier vietnamien, est synonyme de préparation intense pour de nombreux Hanoïens. Mais pour les employés de maison et les professionnels de l’industrie de la beauté, cette période se traduit par un rythme de travail effréné, souvent au détriment de leur bien-être.
Nguyen Thi Duyen, 52 ans, employée de maison dans un complexe d’appartements du district de Tay Mo, témoigne d’un emploi du temps harassant : sept heures de travail ininterrompues, chaque jour. « Mes doigts sont enflés et sentent mauvais à cause du détergent et de l’eau, mais je fais plus de quatre ménages par jour pour économiser de l’argent pour ma retraite tant que je suis encore en bonne santé », explique-t-elle. Bien que ces heures supplémentaires représentent une augmentation de 3 à 4 heures par jour, les revenus générés pendant les deux semaines précédant le Têt équivalent à un mois de salaire, ce qui motive ces travailleurs à persévérer.
La situation est comparable dans les salons de beauté. Thu Ha, gérante d’un salon à Cau Giay, Hanoï, maintient son établissement ouvert de 7h00 à 22h00 chaque jour depuis le 15ème jour du calendrier lunaire. L’afflux de clients désireux d’améliorer leur apparence avant les festivités rend même difficile de prendre le temps de manger. « Cette année, en raison du ralentissement économique, les clients privilégient les services de base, mais nous n’hésitons pas à augmenter les prix et à travailler toute la nuit pour ne pas perdre nos clients fidèles », confie-t-elle.
Cette cadence infernale soulève des préoccupations quant à la santé des travailleurs. Les coiffeurs souffrent de mains rouges, enflées et gercées en raison de l’exposition prolongée à l’eau et aux produits chimiques. Les employés de maison, quant à eux, se plaignent de douleurs musculaires dues aux tâches répétitives de nettoyage des sols et des vitres. Malgré ces difficultés, ils prévoient de rentrer chez eux pendant les vacances du Têt pour passer du temps avec leur famille et, dans certains cas, de verser des primes à leurs employés.
M. Zhou Yan, un autre employé de maison, exprime son soulagement à l’idée de pouvoir enfin s’occuper de sa propre maison après avoir passé toute l’année à nettoyer celles des autres. Il envisage de travailler uniquement le 26ème jour du calendrier lunaire avant de rentrer chez lui pour entretenir les tombes de ses ancêtres. Pour de nombreux Vietnamiens, le Têt est un moment de récolte après un dur labeur, mais aussi une occasion précieuse de se ressourcer et de retrouver ses racines.