Publié le 15 février 2026 09:01:00. Une entreprise de recrutement britannique, Premier Group Recruitment, a été rachetée par son ancien propriétaire après une faillite liée à des dettes de près de 3 millions de livres sterling (environ 3,6 millions d’euros). L’entreprise promet désormais un voyage tous frais payés à Las Vegas pour ses employés performants, suscitant des interrogations sur les pratiques financières employées.
- Premier Group Recruitment était endettée à hauteur de 2,9 millions de livres sterling (environ 3,6 millions d’euros) au moment de son administration judiciaire.
- L’entreprise a été rachetée par PGGBR Ltd, une nouvelle société fondée par Andrew Woosnam, l’ancien actionnaire majoritaire.
- Un voyage incitatif à Las Vegas est offert aux employés atteignant leurs objectifs, alimentant les critiques sur la gestion financière de l’entreprise.
L’entreprise de recrutement Premier Group Recruitment a entamé une procédure d’administration judiciaire en septembre dernier, croulant sous des dettes s’élevant à 2,9 millions de livres sterling (environ 3,6 millions d’euros). Parmi ces dettes, 647 000 livres sterling (environ 815 000 euros) étaient dues à l’administration fiscale britannique, HM Revenue and Customs (HMRC), qui avait engagé une procédure de recouvrement. Trois jours plus tard, les actifs de l’entreprise ont été acquis par PGGBR Ltd, une nouvelle entité créée par Andrew Woosnam, qui détenait déjà 99 % des parts de Premier.
Libérée de ses dettes, la nouvelle société a rapidement annoncé un programme de motivation pour ses employés via les réseaux sociaux, notamment LinkedIn. Un message promettait un voyage tous frais payés à Las Vegas en 2026 pour les consultants atteignant leurs objectifs. L’entreprise a précisé qu’elle prendrait en charge les vols et l’hébergement, offrant des « expériences inoubliables » en échange de « résultats ».
« Si vous cherchez à vous lancer dans le recrutement (ou à faire passer votre carrière au niveau supérieur) et que vous souhaitez être correctement récompensé pour votre travail acharné, c’est votre signe. »
Premier Group Recruitment (via LinkedIn)
L’opération a soulevé des questions, notamment concernant un prêt de 1,2 million de livres sterling (environ 1,4 million d’euros) accordé à Woosnam par l’entreprise elle-même, une dette qui aurait augmenté de 265 000 livres sterling (environ 315 000 euros) depuis la fin de l’exercice 2024. À cette époque, l’entreprise avait déjà exprimé des « doutes substantiels quant à sa capacité à honorer ses obligations dans un avenir proche ». Par ailleurs, les rapports financiers de 2022 et 2023 révèlent que 1,95 million de livres sterling (environ 2,3 millions d’euros) ont été versés aux actionnaires sous forme de dividendes.
L’acquisition de Premier Group Recruitment par Woosnam est perçue par certains comme un exemple de « phénixisme », une pratique consistant à liquider une entreprise pour la reconstituer sous une nouvelle entité, débarrassée de ses dettes. Le HMRC a déjà exprimé ses préoccupations concernant cette pratique, estimant qu’elle coûte au Trésor public environ 22 % des 3,8 milliards de livres sterling (environ 4,5 milliards d’euros) de pertes fiscales signalées entre 2022 et 2023. Rapport annuel du HMRC (2024-2025).
PGGBR Ltd a acquis les actifs de l’ancienne entreprise pour un montant initial de 10 000 livres sterling (environ 12 000 euros), complété par un engagement de « versements mensuels de 25 000 livres sterling (environ 30 000 euros) jusqu’au 30 septembre 2027 », portant le prix d’achat total à 610 000 livres sterling (environ 725 000 euros). Selon le rapport des administrateurs, Rob Keyes et David Taylor de KRE Corporate Recovery, ces versements devraient être financés par les nouvelles affaires de l’entreprise.
Ni Woosnam, ni Keyes n’ont répondu aux sollicitations du Guardian pour commenter l’opération ou fournir des détails sur les paiements effectués aux créanciers depuis l’administration judiciaire. Les administrateurs avaient également rejeté une offre d’un deuxième enchérisseur anonyme, proposant une contrepartie initiale en espèces de 321 000 livres sterling (environ 382 000 euros) ainsi que des redevances potentielles supplémentaires, estimées à 110 000 livres sterling (environ 130 000 euros).
Les administrateurs avaient auparavant estimé qu’ils pourraient récupérer environ la moitié du prêt accordé à Woosnam, soit 1,2 million de livres sterling (environ 1,4 million d’euros).