Publié le 15 février 2026 à 11h52. Une offensive interne menée par un infiltré a décimé un groupe de dissidents des FARC dans le département de Guaviare, révélant une escalade de la violence et des possibles complicités au sein des forces armées.
- Vingt-six membres de groupes dissidents des FARC ont été tués dans des circonstances initialement attribuées à des affrontements, mais qui s’avèrent être le résultat d’une infiltration et d’un empoisonnement.
- L’opération, soigneusement planifiée par le groupe dirigé par alias Calarcá, visait à frapper de l’intérieur la structure commandée par Iván Mordisco.
- Des soupçons de fuites d’informations au sein de l’armée nationale pourraient avoir facilité l’action et compromis les opérations militaires dans la région.
L’épisode sanglant, survenu à Guaviare, a pris une tournure inattendue après des investigations révélant qu’il ne s’agissait pas d’une confrontation directe, mais d’une infiltration minutieusement orchestrée, qualifiée de « cheval de Troie » par des sources du renseignement militaire. Initialement, l’armée avait envisagé une contamination de l’eau comme cause des décès, mais cette hypothèse a été rapidement écartée.
Selon une source proche des services de renseignement, citée par la revue Semana, l’infiltration a été préparée de longue date par les hommes de Calarcá, qui ont déboursé une somme considérable pour mener à bien cette mission.
« Les informations confirmées jusqu’à présent sont qu’il y a eu un empoisonnement et que c’était une opération d’infiltration interne, un ‘cheval de Troie’ qui a permis à la structure de Calarcá de frapper de l’intérieur la structure de Mordisco. »
Officier des renseignements militaires
L’enquête a révélé que l’empoisonnement a été perpétré par un individu infiltré au sein même de l’organisation de Mordisco. Cet homme, qui exerçait les fonctions de cuisinier ou d’éleveur, a profité de son accès à la préparation des repas pour administrer une substance toxique. Il aurait été contacté par l’intermédiaire de sa famille et grassement payé pour collaborer avec Calarcá.
Les autorités n’ont pas encore révélé la nature exacte du poison utilisé, l’enquête détaillée étant menée par la police nationale. Après avoir empoisonné la nourriture, l’infiltré aurait participé à une fusillade visant à simuler un affrontement entre les groupes armés, afin de dissimuler sa participation et « sauver sa peau ».
Parallèlement à cette opération, Iván Mordisco avait renforcé ses effectifs dans la zone de conflit en transférant des combattants des départements de Cauca, de Valle del Cauca et de Nariño, dans le but d’affirmer son contrôle militaire. Cette rotation de personnel, selon les renseignements, aurait rendu les troupes de Mordisco plus vulnérables.
« Mordisco avait transféré du personnel de différentes zones du sud-ouest du pays vers ce territoire, dont le contrôle a été historiquement contesté avec la structure Calarcá. Ce roulement élevé d’hommes les a rendus plus vulnérables. »
Source du renseignement militaire
Les autorités redoutent désormais des représailles de la part des partisans de Mordisco, suite à ce massacre. Des mouvements de troupes ont été détectés en provenance du sud-ouest du pays vers la zone de conflit, laissant présager une escalade de la violence. De plus, des soupçons de complicité entre certains membres de l’armée nationale et les dissidents de Calarcá sont examinés.
« ne peut être exclu. Dans des régions comme Guaviare, Cauca ou Urabá, des fuites se sont produites historiquement qui rendent les opérations militaires difficiles. »
Source du renseignement militaire
Document du renseignement militaire révélant les pressions exercées par les dissidents de Mordisco
Les victimes du massacre dans le département de Guaviare auraient reçu des tirs de grâce : Parquet
Images exclusives du massacre de sept soldats à Guaviare. Semana sur place