Un vaccin contre le zona pourrait offrir une protection inattendue contre la démence, y compris la maladie d’Alzheimer. Des études récentes, notamment une vaste recherche canadienne, suggèrent une réduction significative du risque chez les personnes vaccinées.
Une étude menée auprès de 230 000 adultes et publiée il y a quelques jours au Canada a révélé que les personnes vaccinées contre le zona présentent un risque de démence réduit de 20 % dans les 5 à 10 années suivant la vaccination. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour établir un lien de causalité formel, ces résultats sont encourageants.
« Le vaccin pourrait réduire de 20 % le risque de développer la maladie d’Alzheimer, ce qui est important », souligne le professeur Philippe Amouyel, directeur de la Fondation Alzheimer. D’autres travaux indiquent également que le vaccin pourrait retarder l’apparition des troubles cognitifs chez les personnes déjà atteintes et ralentir la progression de la maladie.
Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer cet effet protecteur. Certains virus, notamment ceux de la famille des herpès (responsables de la varicelle et du zona), pourraient jouer un rôle dans le développement de la maladie d’Alzheimer, une pathologie aux causes multiples. Ces virus pourraient stimuler les neurones à produire une quantité excessive de protéine Tau anormale, conduisant à leur dégénérescence – un phénomène caractéristique de la maladie d’Alzheimer.
Par ailleurs, le vaccin pourrait réduire l’inflammation du système nerveux en empêchant la réactivation du virus ou en renforçant le système immunitaire. Des données préliminaires suggèrent que l’effet protecteur du vaccin serait plus marqué chez les femmes que chez les hommes, mais les raisons de cette différence restent à déterminer.
En France, la vaccination contre le zona est actuellement recommandée pour les personnes de 65 ans et plus, ainsi que pour les individus de 18 ans et plus dont le système immunitaire est affaibli. Le vaccin Shingrix est remboursé à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie. Au-delà de la prévention des récidives de zona, il pourrait donc jouer un rôle crucial dans la lutte contre les démences, dont la maladie d’Alzheimer.