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perdre du poids n’est pas qu’une question de volonté

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La quête de la perte de poids est souvent entravée par des injonctions simplistes et culpabilisantes, qui ignorent la complexité des facteurs individuels en jeu. Loin d’être une simple question de volonté, un accompagnement personnalisé et une écoute attentive sont essentiels pour des changements durables et un bien-être global.

« On entend souvent des phrases comme ‘Il suffit de vouloir, c’est le pouvoir’, qui simplifient un processus beaucoup plus complexe et, en plus, peuvent être injustes », explique María M. Yuste, diététicienne-nutritionniste. « Bien manger ou changer ses habitudes n’est pas seulement une question de ‘vouloir’, mais d’apprendre, de prendre conscience, de se comprendre et de prendre soin de soi. »

Les contraintes de la vie quotidienne – horaires de travail, budget, obligations familiales – peuvent facilement compromettre les objectifs de perte de poids. Dans ces situations, l’échec peut engendrer un sentiment de culpabilité, comme si le problème résidait uniquement dans un manque de volonté. Or, de nombreux facteurs émotionnels, sociaux et personnels entrent en ligne de compte.

Selon María Yuste, la nutrition ne peut pas se limiter à une analyse de ce que l’on mange. Il est crucial de prendre en compte le contexte de vie de chaque individu. « En nutrition, il est essentiel d’unir les preuves scientifiques à la relation que chacun entretient avec la nourriture, en recherchant un équilibre qui permette des changements réels et durables », souligne-t-elle.

La première consultation avec un nutritionniste est avant tout un temps d’écoute. « Avant de parler de nourriture, la première chose que je fais est d’écouter », précise la professionnelle. « Ce qui m’intéresse, c’est de connaître l’histoire médicale de la personne, mais aussi son histoire émotionnelle et de vie. Je dois savoir où elle en est dans sa vie, à quoi ressemble son quotidien et quel rapport elle entretient avec son corps et avec la nourriture. »

Cette écoute permet de comprendre comment la personne vit son alimentation, ses peurs, ses blocages et ses habitudes. « Il ne s’agit pas seulement de savoir ce que vous mangez, mais de comprendre comment vous vivez votre alimentation, comment vous vous sentez et ce qui vous inquiète », explique María Yuste. En comprenant ces éléments, il est possible de proposer des changements plus efficaces.

Ensuite, la nutritionniste aborde les aspects pratiques, en proposant des étapes claires, réalistes et adaptées au contexte de la personne. « Les changements ne fonctionnent que lorsqu’ils sont possibles et peuvent être mis en pratique dans votre vie réelle », insiste-t-elle.

Oubliez les régimes à la mode ! Essayer de suivre le régime d’une célébrité ou d’un influenceur est une erreur. Chacun a ses propres besoins, ses propres contraintes. « Il n’existe pas de régime universel qui fonctionne pour tout le monde car chaque personne est différente, avec ses propres horaires, routines, goûts, émotions, histoire personnelle et besoins », affirme María Yuste. « Le régime doit être travaillé comme un costume sur mesure. Une ligne directrice qui ne s’adapte pas à la vie réelle de la personne, c’est comme essayer d’utiliser une clé qui n’est pas la vôtre : Vous pouvez essayer, mais cela ne convient tout simplement pas. »

La volonté est importante, mais elle ne suffit pas. Les croyances qu’une personne a sur la nourriture, le soutien qu’elle reçoit, son niveau de stress, son repos et son estime de soi ont un impact bien plus important. Le moment de la vie joue également un rôle crucial. « Ce n’est pas la même chose que quelqu’un qui arrive épuisé après avoir essayé plusieurs fois que quelqu’un qui arrive avec plus de stabilité. La confiance et la motivation interne l’emportent sur la volonté », explique la nutritionniste.

Les échecs sont inévitables, et la culpabilité peut être destructrice. « Cela génère de la frustration, une faible estime de soi, un sentiment d’échec et une déconnexion avec son propre corps », prévient María Yuste. Au lieu de blâmer, il est préférable d’accompagner la personne pour qu’elle comprenne ce qui se passe et assume son processus de manière responsable, toujours avec bienveillance et auto-compassion.

L’objectif ultime est de dépasser l’idée du régime pour adopter un mode de vie sain et durable. « Pour qu’un modèle fonctionne, il doit s’intégrer dans la vie quotidienne de la personne. Il ne s’agit pas de vivre pour un régime, mais d’une alimentation qui accompagne la vraie vie », explique-t-elle. La clé réside dans la construction d’habitudes qui peuvent être maintenues au fil du temps, sans se sentir piégé ou en lutte constante.

Enfin, il est essentiel de trouver un équilibre entre bien-être psychologique et objectifs esthétiques. « Bien manger et bien paraître a un impact positif sur le bien-être psychologique. Et la partie esthétique n’est pas superficielle : Se sentir bien dans ses vêtements et dans son propre corps est important pour de nombreuses personnes. Mais cela ne devrait jamais se faire au détriment de la santé mentale. L’esthétique doit être une conséquence de la santé et non un sacrifice constant », conclut María Yuste.

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