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Les républicains ont fait la paix avec la science

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Contrairement aux idées reçues, ce sont les Républicains au Congrès qui ont historiquement davantage financé la recherche scientifique fédérale aux États-Unis, une tendance qui s’est confirmée même sous l’administration Trump, malgré des propositions de coupes budgétaires drastiques.

Une analyse approfondie des crédits fédéraux alloués à la science entre 1980 et 2020, publiée dans la revue Science, révèle que le financement de la recherche était en moyenne plus élevé lorsque les Républicains contrôlaient la Chambre des représentants ou la présidence. Les chiffres montrent une augmentation d’environ 150 millions de dollars (environ 138 millions d’euros) par poste budgétaire sous une Chambre républicaine, et de 100 millions de dollars (environ 92 millions d’euros) sous un président républicain, par rapport à leurs homologues démocrates. Ces différences significatives ont été constatées après de multiples tests statistiques et ne sont pas corrélées à la taille globale du budget ou à la conjoncture économique.

Les National Institutes of Health (NIH), la NASA, la National Science Foundation (NSF) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), ainsi que les programmes de recherche et développement du Pentagone, ont tous bénéficié de financements plus importants sous contrôle républicain. Plus précisément, les NIH ont reçu des crédits nettement plus élevés, tout comme les CDC sous les présidences républicaines, tandis que la NASA et la NSF ont bénéficié d’un soutien légèrement accru.

L’année dernière, les chercheurs se demandaient si cette tendance était un vestige du passé, un héritage d’un Parti républicain en voie de disparition. L’administration Trump avait en effet proposé de réduire le budget des NIH d’environ 40 %, de plafonner le remboursement des coûts indirects à 15 %, ce qui aurait menacé des milliards de dollars d’infrastructures de recherche, et d’imposer des exigences d’approbation politique pour l’attribution des subventions. Plusieurs programmes visant à réduire les disparités raciales en matière de santé ont également été supprimés, et des gels de financement ont été imposés à certaines universités.

Cependant, le Congrès – contrôlé par les Républicains aux deux chambres – a systématiquement rejeté les propositions les plus radicales de l’administration. Le projet de loi de financement promulgué ce mois-ci par le président Trump non seulement n’a pas réduit le budget des NIH de 40 %, mais l’a augmenté d’environ 415 millions de dollars (environ 382 millions d’euros). Des fonds supplémentaires ont été alloués à la recherche sur le cancer, la maladie d’Alzheimer et l’initiative BRAIN pour le développement des neurotechnologies, portant le budget total à 48,7 milliards de dollars (environ 44,9 milliards d’euros), un chiffre comparable à l’année précédente.

Le Congrès a également inclus des dispositions limitant l’ingérence de l’exécutif dans le fonctionnement des agences. Il a réaffirmé que les NIH ne pouvaient pas modifier unilatéralement les règles de remboursement des coûts indirects, limitant ainsi leur capacité à réorienter les fonds. Des rapports mensuels sur l’attribution et la résiliation des subventions ont été exigés pour garantir la transparence, et le NIH a été contraint de professionnaliser le recrutement des directeurs d’institut, avec une participation scientifique externe et une surveillance du Congrès.

Des tendances similaires ont été observées pour la NASA, dont la réduction budgétaire a été limitée à 1,6 % au lieu des 24 % proposés, et pour la NSF, dont le budget a diminué de 3,4 % au lieu des 57 % initialement envisagés.

L’étude a analysé les dépenses récurrentes allouées à la science et à la recherche dans l’ensemble du gouvernement fédéral, y compris les subventions et les contrats avec les entreprises. Elle ne suit pas directement l’attribution des subventions aux chercheurs, de sorte qu’elle ne reflète pas pleinement les gels de financement imposés par l’administration Trump à des universités telles que Harvard, Columbia et Penn.

Néanmoins, le Congrès dirigé par les Républicains a agi en accord avec les données, en finançant la science, en protégeant les infrastructures de recherche et en affirmant son contrôle sur les agences. Cette approche reflète une politique suivie par les Républicains au Congrès depuis des décennies.

« L’hostilité de l’administration Trump à l’égard de la science est réelle et préoccupante, mais elle n’a pas, jusqu’à présent, remis en question la position du Parti républicain sur le financement de la science de la même manière que Trump a remodelé ses positions sur le commerce, l’immigration ou les alliances étrangères », soulignent les chercheurs.

Le financement de la science aux États-Unis repose sur une structure institutionnelle solide, où le contrôle de la Chambre des représentants joue un rôle déterminant dans le processus budgétaire. Les républicains semblent financer la science non pas en dépit de leurs priorités, mais en raison de celles-ci, considérant la compétitivité économique, le leadership technologique et la sécurité nationale comme des enjeux cruciaux qui dépendent du progrès scientifique.

Bien que les pertes de personnel et les postes vacants créent des difficultés, et que l’ingérence politique reste une menace, le Congrès républicain a démontré sa capacité à résister aux pressions et à maintenir un engagement constant envers le financement de la recherche. Les scientifiques souhaitant préserver leurs financements devraient privilégier le dialogue avec les républicains au Congrès, en particulier à la Chambre des représentants, plutôt que de se concentrer uniquement sur les critiques.

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