Face à l’augmentation des diagnostics de cancer, les spécialistes se concentrent sur un élément simple et accessible : les fibres alimentaires. Un régime riche en fibres pourrait réduire significativement le risque de développer certains cancers, notamment celui du côlon, et améliorer la santé globale.
Selon l’Institut national du cancer, près de 19 000 nouveaux cas de cancer chaque année en France pourraient être liés à une alimentation déséquilibrée. Pour les oncologues, augmenter la consommation de fibres, présentes en abondance dans les végétaux entiers, représente un levier essentiel pour la prévention.
« Si les gens se demandent comment optimiser leur santé et réduire leur risque de cancer, les fibres sont ce sur quoi ils devraient se concentrer », explique le Dr Amy Comander, oncologue, dans le magazine Fortune. Cette affirmation met en lumière l’importance d’un nutriment souvent négligé.
L’impact des fibres va bien au-delà du simple transit intestinal. Elles nourrissent le microbiote, l’ensemble des bactéries présentes dans nos intestins, favorisant ainsi sa diversité. « Plus vous mangez de fibres (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes), plus votre microbiome est diversifié », souligne la gynécologue-oncologue Andrea Tufano-Sugarman. « Cela contribue à réduire votre risque de cancer, en particulier de cancer colorectal, en réduisant le risque de maladies chroniques et de maladies inflammatoires dans votre tube digestif. »
Un microbiote intestinal sain produit des substances anti-inflammatoires qui protègent la muqueuse du côlon. Le réseau NACRe estime qu’un manque d’aliments riches en fibres pourrait être responsable d’environ 6,1 % des cas de cancer colorectal en France, un pourcentage potentiellement évitable en augmentant leur consommation.
Les fibres renforcent également le système immunitaire. « Un système immunitaire plus fort donnera à votre corps les outils nécessaires pour combattre les cellules potentiellement cancéreuses », précise le Dr Nigel Brockton, de l’American Institute for Cancer Research. Une étude a même démontré qu’une augmentation de 5 g de fibres par jour était associée à une réduction d’environ 30 % du risque de progression ou de décès lié au cancer.
Pour bénéficier de ces effets protecteurs, l’Institut national du cancer recommande de consommer au moins 25 g de fibres par jour. Cela peut se traduire par cinq portions de fruits et légumes, des légumineuses régulièrement, et des céréales complètes quotidiennement. Les légumes crucifères, comme le brocoli et le chou-fleur, particulièrement riches en sulforaphane, sont également à privilégier.
Adopter quelques habitudes simples peut faciliter l’atteinte de cet objectif : remplir la moitié de l’assiette de légumes à chaque repas, remplacer le pain blanc, le riz et les pâtes par leurs versions complètes, et intégrer des légumes secs dans l’alimentation chaque semaine. Il est également conseillé de limiter la consommation d’alcool et d’aliments ultra-transformés, généralement pauvres en fibres.