Publié le 17 février 2026 16:41:00. Plus de la moitié des Américains consomment des compléments alimentaires, une pratique en augmentation, mais qui n’est pas sans risque pour la santé. Des experts mettent en garde contre le manque de réglementation et les potentiels dangers liés à ces produits.
- Plus de 50 % des Américains prennent des compléments alimentaires, et près d’un quart des plus de 60 ans en consomment quatre ou plus.
- Chaque année, environ 23 000 personnes se rendent aux urgences aux États-Unis en raison d’effets indésirables liés aux compléments alimentaires.
- L’industrie des compléments alimentaires est peu réglementée, ce qui soulève des préoccupations quant à la sécurité et à l’efficacité des produits.
La consommation de compléments alimentaires est devenue une pratique courante, en particulier aux États-Unis. Selon les Centers for Disease Control and Prevention, plus de la moitié de la population américaine y a recours. Cette tendance s’accentue avec l’âge, avec près d’un quart des adultes de plus de 60 ans consommant quotidiennement quatre compléments ou plus. Ces produits, qui englobent les vitamines et les minéraux (comme la vitamine D et le calcium), ainsi que les plantes (telles que le curcuma et l’extrait de thé vert), sont souvent perçus comme un moyen simple d’améliorer sa santé.
Si certains individus peuvent avoir des carences spécifiques nécessitant une supplémentation, les experts restent prudents quant à l’utilisation de compléments sans preuves scientifiques solides. Pieter Cohen, interniste à la Cambridge Health Alliance qui étudie les compléments alimentaires, souligne que
« Les compléments peuvent comporter des risques. »
Pieter Cohen, interniste à la Cambridge Health Alliance
Une étude estime qu’environ 23 000 personnes sont admises chaque année aux urgences américaines en raison de réactions médicales liées à ces produits.
Contrairement aux médicaments, qui doivent être approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) pour garantir leur sécurité et leur efficacité, les compléments alimentaires ne sont pas soumis à la même réglementation. Brian Hitt, professeur agrégé de neurologie à la faculté de médecine d’Irvine de l’Université de Californie, explique que
« L’industrie des suppléments n’est pas réglementée, vous prenez donc un risque chaque fois que vous prenez l’un de ces produits. »
Brian Hitt, professeur agrégé de neurologie à l’Université de Californie d’Irvine
Même en l’absence d’effets nocifs avérés, leur efficacité est souvent remise en question.
Les experts recommandent de faire preuve de vigilance, notamment face aux allégations promotionnelles sur les réseaux sociaux. Il est crucial de se rappeler que les fabricants de compléments ne peuvent pas prétendre à un impact direct sur une maladie spécifique. Ils ne peuvent pas affirmer, par exemple, qu’un supplément guérit la maladie d’Alzheimer ou prévient le diabète. Cependant, sur les plateformes numériques, le contrôle est limité, et des influenceurs peuvent diffuser des informations non vérifiées. Il est donc préférable d’ignorer ces affirmations non fondées.
Avant de recourir à un complément, il est conseillé de consulter un médecin pour identifier la cause sous-jacente d’un problème de santé et déterminer si une supplémentation est réellement nécessaire. Meena Bansal, chef du système de la Division des maladies du foie du système de santé du Mont Sinaï, met en garde contre l’augmentation des cas de lésions hépatiques liées à une surconsommation de certains compléments, comme le curcuma. Elle a constaté que
« J’ai eu des patients souffrant de lésions hépatiques aiguës qui ont été hospitalisés à cause de cela. »
Meena Bansal, chef du système de la Division des maladies du foie du système de santé du Mont Sinaï
On estime que 20 % des dommages au foie sont liés aux suppléments alimentaires et à base de plantes.
Pour minimiser les risques, les experts recommandent de vérifier la sécurité des compléments auprès d’organismes de certification tiers reconnus, tels que la Pharmacopée américaine (USP) ou la National Health Foundation (NSF). Il est également important de s’assurer que le produit porte bien le sceau de certification, non seulement sur le site web du fabricant, mais également sur l’emballage. Enfin, il est possible de consulter le site web du Bureau des suppléments diététiques des National Institutes of Health pour obtenir des informations supplémentaires.
Lors d’une consultation médicale, il est conseillé d’apporter tous les compléments alimentaires et médicaments sur ordonnance que vous prenez, afin de permettre à votre médecin d’évaluer les éventuelles interactions dangereuses et de prendre des décisions éclairées concernant votre santé. Charlene Gamaldo, neurologue à l’Université Johns Hopkins, insiste sur l’importance de cette démarche.
En résumé, l’utilisation de compléments alimentaires doit être abordée avec prudence et discernement. Il est essentiel de privilégier une approche personnalisée, basée sur des conseils médicaux éclairés et une évaluation rigoureuse des risques et des bénéfices potentiels.
©Le New York Times 2026