Publié le 18 février 2024 14h30. Une étude japonaise révèle que le port généralisé de masques durant la pandémie de COVID-19 pourrait avoir contribué à réduire le nombre de crises cardiaques d’un type spécifique, celles déclenchées par la pollution atmosphérique.
- L’exposition à court terme aux particules fines (PM2,5) augmente le risque de crises cardiaques.
- Un sous-type de crise cardiaque, le MINOCA (infarctus du myocarde avec artères coronaires non obstructives), est particulièrement lié à la pollution de l’air.
- Le risque de MINOCA a diminué de manière significative après le début de la pandémie, contrairement à d’autres types de crises cardiaques.
Des chercheurs de l’Université de Kumamoto ont mis en évidence un lien inattendu entre les mesures sanitaires adoptées pendant la pandémie de COVID-19 et la santé cardiovasculaire. Leur étude, publiée dans la revue European Heart Journal, suggère que le port de masques et la réduction de la mobilité ont pu offrir une protection contre certains types de crises cardiaques.
Les particules fines, connues sous le nom de PM2,5 (particules en suspension dans l’air d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres), sont depuis longtemps reconnues comme un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires. L’exposition à ces particules peut provoquer une inflammation, un stress oxydatif et un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins, augmentant ainsi le risque d’infarctus du myocarde (crise cardiaque).
Pour leur recherche, l’équipe dirigée par le Dr Masanobu Ishii a analysé les données de 270 091 patients hospitalisés pour un infarctus du myocarde entre 2012 et 2022, en utilisant la base de données cardiovasculaire nationale du Japon (JROAD-DPC). Ils ont comparé les risques avant et pendant la pandémie, en tenant compte de l’exposition à court terme aux PM2,5.
Les résultats ont révélé que l’exposition aux PM2,5 augmentait significativement le risque de tous les types de crises cardiaques. Cependant, l’association était particulièrement forte pour le MINOCA, une forme de crise cardiaque qui se produit sans obstruction des artères coronaires. De manière surprenante, après le début de la pandémie, le risque de MINOCA lié à l’exposition aux PM2,5 a considérablement diminué, tandis que le risque de crises cardiaques plus classiques (avec obstruction des artères coronaires) est resté stable.
Selon les chercheurs, les comportements préventifs adoptés pendant la pandémie, notamment le port de masques, pourraient avoir réduit l’exposition individuelle aux particules nocives, diminuant ainsi le risque de dysfonctionnement vasculaire, tel que les spasmes coronariens ou une déficience microvasculaire.
Cette étude souligne l’importance des mesures de protection simples pour atténuer les risques cardiovasculaires liés à la pollution atmosphérique. Même dans un pays comme le Japon, où les confinements stricts n’ont pas été mis en place, les pratiques volontaires de santé publique semblent avoir eu des effets bénéfiques mesurables sur la santé cardiaque. Les chercheurs insistent sur la nécessité de continuer à améliorer la qualité de l’air, tout en explorant le potentiel d’interventions accessibles, comme le port de masques pendant les périodes de forte pollution, pour protéger les populations vulnérables.
Ces découvertes pourraient contribuer à l’élaboration de futures stratégies de cardiologie préventive et de santé publique à l’échelle mondiale, face aux défis environnementaux persistants.
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