Publié le 18 février 2026 14h27. La Haute-Autriche se positionne à l’avant-garde de l’automatisation industrielle avec l’intégration de robots humanoïdes, une technologie perçue comme essentielle pour maintenir la compétitivité face aux défis démographiques et économiques mondiaux.
- Des entreprises de Haute-Autriche collaborent sur un projet pilote pour développer des applications pratiques pour les robots humanoïdes.
- Les experts prévoient une adoption massive de cette technologie, avec plus de 250 000 robots humanoïdes potentiellement en service d’ici 2030.
- Les robots humanoïdes sont envisagés comme des partenaires pour les travailleurs, capables d’assumer des tâches pénibles ou dangereuses et de pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
La compétitivité industrielle ne repose plus uniquement sur les atouts existants, mais sur la capacité à innover et à s’adapter technologiquement, souligne Stephan Kubinger, porte-parole technologique de la division Industrie. La prochaine génération d’automatisation doit être non seulement efficace, mais aussi adaptable, capable d’apprendre et centrée sur l’humain.
Face à la hausse des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre, ainsi qu’à la complexité administrative croissante, les entreprises autrichiennes cherchent des solutions pour maintenir leur compétitivité internationale. Doris Hummer, présidente de la WKOÖ (Chambre de commerce d’Haute-Autriche), insiste sur le rôle crucial de ces technologies, en particulier dans un pays à salaires élevés comme l’Autriche.
« Ces technologies ne remplacent pas les gens, elles les complètent et contribuent à faire face efficacement au changement démographique et à la pénurie de travailleurs qualifiés. »
Doris Hummer, présidente de la WKOÖ
Un projet de coopération unique, lancé en juillet 2025 dans le cadre de l’initiative AI*Transfer, réunit six entreprises leaders de Haute-Autriche, menées par BRP-Rotax, et le FH OÖ Campus Wels pour explorer des scénarios d’application concrets pour les robots humanoïdes. BRP-Rotax a investi dans un robot humanoïde Unitree G1 EDU-U6 et l’a mis à disposition de l’équipe de recherche du FH OÖ à Wels pour des tests en conditions réelles.
Selon une analyse de Goldman Sachs, plus de 250 000 robots humanoïdes pourraient être déployés dans le monde d’ici 2030. Martin Bergsmann, vice-président de la division Industrie, souligne l’importance d’intégrer ces technologies clés, telles que l’intelligence artificielle et la robotique humanoïde, dans la pratique industrielle en collaboration avec les entreprises locales.
Le futurologue Pero Mićić, président de FutureManagementGroup AG, va encore plus loin, qualifiant les robots humanoïdes de plus grande révolution technique de l’histoire de l’humanité.
« Les robots humanoïdes changeront radicalement le travail, l’économie et la société d’une manière que presque personne ne peut imaginer aujourd’hui. Ils accompliront des tâches plus rapidement, plus précisément et à moindre coût que les humains. »
Pero Mićić, président de FutureManagementGroup AG
Mićić prédit une baisse significative du coût de ces robots grâce à la production de masse, les rendant potentiellement aussi abordables qu’une petite voiture. Il estime que l’adoption de cette technologie est devenue une question de survie pour les entreprises face à la concurrence mondiale, avertissant que celles qui l’ignorent risquent de prendre du retard.
Arash Ajoudani, directeur du laboratoire Interfaces et interactions homme-robot (HRI²) à l’IIT, adopte une vision plus collaborative. Il considère les robots humanoïdes et les cobots non pas comme des substituts, mais comme des partenaires essentiels de la main-d’œuvre humaine. Son concept de « futur du travail » repose sur une synergie où les robots prennent en charge les tâches physiquement exigeantes, tandis que les humains conservent le contrôle et se concentrent sur des activités à plus forte valeur ajoutée.
« L’avenir du travail ne sera pas seulement caractérisé par l’automatisation, mais aussi par une coévolution des humains et des machines. L’un des principaux objectifs est d’améliorer les conditions de travail. »
Arash Ajoudani, directeur du laboratoire HRI² à l’IIT
Les recherches d’Ajoudani visent à concevoir des robots capables de surveiller les mouvements et les tensions humaines en temps réel, ajustant leur position ou leur force pour minimiser la contrainte physique sur les travailleurs.
Un événement récent, l’Innovation Day 2026, a réuni des experts et des dirigeants d’entreprises pour discuter de ces enjeux. Une table ronde a clôturé la journée, avec la participation de Henriette Spyra, chef de section, Mario Gotteshuber, directeur général de BRP-Rotax, Michael Mayrhofer, chef du département de droit technologique du LIT Law Lab de la JKU et juge constitutionnel, Roman Froschauer, doyen du campus FH OÖ de Wels et Ümit Bas, PDG et fondateur de IONO Robotics, la première start-up autrichienne de robotique humanoïde.

Lors de l’Innovation Day 2026, de gauche à droite : Mićić, Hummer, Huber, Bergsmann et Ajoudani.