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La désintégration de l’ordre mondial et sa reconstruction, mission du Japon

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Publié le 18 février 2026. L’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale s’effrite sous la pression de puissances affirmant leurs intérêts nationaux, tandis que de nouvelles alliances émergent, redéfinissant les équilibres géopolitiques et remettant en question les règles fondamentales de la coopération internationale.

  • Les États-Unis, la Chine et la Russie adoptent des comportements défiant l’ordre international fondé sur des règles.
  • L’expansion des BRICS offre une nouvelle plateforme diplomatique aux pays émergents, mais soulève des questions sur son alignement avec les valeurs occidentales.
  • Le Japon est appelé à renforcer son rôle dans la région Indo-Pacifique et à investir dans son capital humain et technologique pour préserver sa sécurité et son influence.

L’architecture internationale, forgée dans les cendres des deux guerres mondiales, semble aujourd’hui menacée par un regain de nationalisme et de compétition stratégique. Des actions unilatérales, telles que l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et son invasion de l’Ukraine en 2022, ainsi que l’opération américaine de janvier 2026 visant à arrêter le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, illustrent un mépris croissant pour le droit international et les institutions multilatérales.

L’administration Trump, en particulier, a affiché une attitude contestataire envers les normes établies, allant jusqu’à déclarer, selon ses propres termes, que « Ma propre moralité, mon propre esprit, c’est la seule chose qui peut m’arrêter », et ajoutant : « Je n’ai pas besoin du droit international ». Cette rhétorique s’est traduite par des propositions controversées, comme l’acquisition potentielle du Groenland, et une approche parfois ambiguë envers le soutien à l’Ukraine face à l’agression russe.

Parallèlement, en Asie, la Chine poursuit ses revendications territoriales en mer de Chine méridionale, ignorant une décision arbitrale internationale de 2016 qui les jugeait sans fondement juridique. Ces actions, combinées à la polarisation sociale croissante au sein de nombreux pays depuis la crise financière mondiale de 2008, contribuent à une instabilité grandissante de l’ordre international.

L’émergence des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) comme une force diplomatique alternative est un autre signe de ce changement de paysage. Le sommet des BRICS tenu au Brésil en juillet 2025 a vu la participation d’un nombre croissant de pays, dont l’Iran, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Indonésie, ainsi que de nombreux pays partenaires. La Déclaration de Rio de Janeiro, adoptée lors de ce sommet, a condamné les attaques contre des infrastructures en Russie en mai et juin 2025, les qualifiant d’attaques contre des civils, sans toutefois mentionner l’invasion de l’Ukraine par la Russie ni les victimes civiles de ce conflit. Cette position a soulevé des interrogations sur la capacité de la Russie à instrumentaliser les BRICS à ses propres fins.

L’Inde, malgré les réserves de son Premier ministre Narendra Modi concernant l’alignement stratégique des BRICS, a approuvé cette déclaration. Cette attitude s’explique en partie par les tensions commerciales avec les États-Unis, qui ont imposé des droits de douane élevés à l’Inde, et par le sentiment que Washington ne reconnaît pas pleinement l’importance stratégique du pays. De plus, la Déclaration de Rio a condamné un attentat terroriste survenu au Jammu-et-Cachemire en avril 2025, une première pour les BRICS, permettant à l’Inde d’atteindre un objectif diplomatique de longue date.

Dans ce contexte de mutation de l’ordre mondial, le Japon est appelé à jouer un rôle de premier plan. Le Premier ministre singapourien Lawrence Wong a salué le Japon comme un partenaire fiable en Asie du Sud-Est et a soutenu un rôle accru du pays, notamment en matière de sécurité. Le Japon doit renforcer son influence en combinant puissance dure et diplomatie douce, en s’appuyant sur la confiance qu’il a su établir dans la région. Sous la bannière d’un Indo-Pacifique libre et ouvert, il doit continuer à défendre l’État de droit, à sécuriser les routes maritimes et à promouvoir le libre-échange. Parallèlement, il doit s’engager à protéger la vie, les moyens de subsistance et la dignité des individus, en incarnant les principes de la « sécurité humaine ».

Pour maintenir et renforcer sa position, le Japon doit investir massivement dans l’éducation, considérée comme un projet national à long terme. Le pays doit également veiller à ne pas prendre de retard dans le domaine de la science et de la technologie, car la capacité d’agir stratégiquement en dépend. L’amélioration des compétences linguistiques, tant en japonais qu’en langues étrangères, est également essentielle. Un Japon replié sur lui-même risquerait de perdre son influence sur la scène internationale.

(Cet article légèrement édité est republié grâce à un partenariat avec JIIA CGO. Photo de bannière par JIIA CGO : dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du coin supérieur gauche, Vladimir Poutine, photo de piscine, © Reuters/Aflo ; Takaichi Sanae, © Rex/Aflo ; Donald Trump, © Reuters/Aflo ; Narendra Modi, © Reuters/Aflo ; Xi Jinping, photo de piscine, © Reuters/Aflo ; carte de fond © Science Photo Library/Aflo.)

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