Publié le 18 février 2024 21h30. Deux études récentes apportent de nouvelles perspectives sur la prévention de la démence : la vaccination contre le zona pourrait réduire significativement le risque, tandis que l’exposition aux particules fines augmenterait directement la probabilité de développer la maladie.
- La vaccination contre le zona diminue de moitié le risque de démence chez les femmes, selon une étude menée au Pays de Galles.
- Une exposition prolongée aux particules fines augmente considérablement le risque de maladie d’Alzheimer, révèle une étude américaine portant sur près de 29 millions de personnes.
- Un mode de vie sain, incluant le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires, l’abstinence de tabac et d’alcool, et une activité physique et mentale régulière, reste essentiel dans la prévention de la démence.
La recherche sur la démence évolue, s’éloignant d’une focalisation exclusive sur les anomalies cérébrales pour adopter une approche plus globale, intégrant le système immunitaire, les facteurs environnementaux et les habitudes de vie. Ces nouvelles découvertes soulignent l’importance d’une prévention à la fois individuelle et collective.
Une équipe internationale de la Faculté de médecine de Heidelberg a publié des résultats surprenants dans la revue spécialisée Cell. Leur analyse d’un programme de vaccination gallois suggère un lien protecteur entre la vaccination contre le zona et la réduction du risque de démence. Les chercheurs ont exploité une situation particulière : depuis 2013, au Pays de Galles, seuls les individus âgés précisément de 79 ans à une date donnée ont été vaccinés. En comparant les données des cohortes d’âge juste avant et après cette date limite, ils ont observé des effets notables. La protection s’est avérée particulièrement marquée chez les femmes, avec une réduction de moitié du risque de décès lié à la démence sur une période d’observation de neuf ans. Les scientifiques émettent l’hypothèse de différences dans la réponse immunitaire entre les sexes.
Parallèlement, la revue PLOS Medicine a publié une étude américaine portant sur près de 29 millions de participants. Cette étude démontre qu’une exposition prolongée aux particules fines augmente significativement le risque de maladie d’Alzheimer. Les chercheurs de l’Université Emory ont analysé 18 années de données et ont conclu que la pollution atmosphérique a un effet direct sur le cerveau, indépendamment des facteurs de risque cardiovasculaires connus tels que l’hypertension artérielle ou les accidents vasculaires cérébraux. Jusqu’à présent, on considérait que la pollution de l’air agissait principalement sur le système cardiovasculaire, avec des conséquences indirectes sur le cerveau. Cette nouvelle étude suggère que les polluants favorisent les processus inflammatoires directement dans le cerveau, soulignant ainsi l’importance de la protection de l’environnement dans la prévention de la démence.
Au-delà de ces découvertes récentes, les experts rappellent qu’un mode de vie sain demeure le pilier central de la prévention de la démence. Plus d’un tiers des cas pourraient être évités en agissant sur les facteurs de risque connus. Parmi les mesures de protection éprouvées figurent :
- Le contrôle de l’hypertension artérielle, du diabète et des taux élevés de lipides dans le sang.
- L’abstinence de tabagisme et la limitation de la consommation d’alcool.
- La pratique régulière d’une activité physique, le maintien de liens sociaux et la stimulation intellectuelle.
Une étude à long terme menée par l’Université Johns Hopkins a mis en évidence l’impact durable de la stimulation cognitive : seulement cinq à six semaines d’entraînement cognitif peuvent réduire le risque de démence de 25 pour cent deux décennies plus tard.
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Ces études marquent un changement de paradigme dans la recherche sur la démence. L’accent se déplace des seuls dépôts cérébraux vers une vision plus holistique, intégrant le système immunitaire, les influences environnementales et les habitudes de vie. Le lien avec le vaccin contre le zona suggère un rôle plus important des infections virales, tandis que les données sur la pollution atmosphérique soulignent la nécessité d’une action politique pour protéger l’environnement. Ces éléments confirment les conclusions de comités d’experts tels que la Commission Lancet : la démence n’est pas une fatalité, et un ensemble de mesures individuelles et collectives peut réduire considérablement le risque.