La Prime Healthcare Foundation, un groupe californien à but non lucratif, s’est emparé du groupe hospitalier Central Maine Healthcare, marquant une expansion significative de sa présence sur la côte Est américaine. Cette acquisition, approuvée par les autorités de régulation, vise à revitaliser un système de santé confronté à des difficultés financières croissantes.
L’accord donne à Prime Foundation le contrôle total de trois hôpitaux, de deux établissements de soins de longue durée, d’une faculté de médecine, d’un centre de cancérologie et de plus de 40 cabinets médicaux répartis dans le centre, l’ouest et le littoral du Maine. Prime Foundation s’engage à investir 150 millions de dollars (environ 138 millions d’euros) sur les cinq prochaines années pour moderniser les infrastructures, améliorer les services et renforcer les capacités du système de santé.
Avec cette acquisition, Prime Foundation gère désormais un total de 21 hôpitaux à travers les États-Unis, notamment dans le Maine, le Texas, l’Ohio, la Californie, le Rhode Island, la Pennsylvanie, l’Illinois et la Géorgie. L’organisation dispose d’un actif total de plus de 2 milliards de dollars (environ 1,84 milliard d’euros), provenant en partie des fonds apportés par le Dr Prem Reddy, fondateur et PDG de la société mère, Prime Healthcare, et de sa famille.
La transaction, annoncée en janvier 2025, a été rendue nécessaire par les difficultés financières de Central Maine Healthcare. Le groupe a enregistré des pertes d’exploitation pendant au moins deux exercices consécutifs, avec un déficit d’environ 30 millions de dollars (environ 27,6 millions d’euros) pour l’année fiscale 2024 et de 19 millions de dollars (environ 17,5 millions d’euros) en 2025. Les régulateurs ont également souligné le vieillissement de la population du Maine – qui devrait augmenter de 17,2 % au cours des cinq prochaines années – et la nécessité d’investissements importants pour répondre aux besoins croissants en matière de soins de santé.
Selon les documents soumis aux autorités, sans cette acquisition et les investissements associés, la situation financière de Central Maine Healthcare, qui dessert environ 400 000 patients et emploie plus de 600 professionnels de la santé dans l’État, aurait continué à se détériorer.
Les autorités de régulation ont approuvé l’opération en novembre, mais ont imposé certaines conditions. Prime Foundation s’est engagée à maintenir en activité les hôpitaux de Rumford et de Bridgton en tant qu’hôpitaux d’accès critique ou de soins actifs pendant au moins cinq ans. Le Central Maine Medical Center doit également conserver son statut d’hôpital général offrant des soins aigus. De plus, Prime ne pourra pas apporter de modifications substantielles aux services essentiels offerts par Central Maine Healthcare, et les établissements de soins de longue durée devront poursuivre leurs activités. Le CMMC devra également conserver son accréditation en tant qu’hôpital de traumatologie pendant au moins un an. Prime devra également fournir aux autorités de l’État des états financiers annuels de Central Maine Healthcare sur une période de trois ans.
Il est important de noter que Prime Healthcare, la société mère à but lucratif de Prime Foundation, a fait l’objet d’un examen minutieux par les autorités fédérales par le passé. Des accusations de fausses déclarations à Medicare et de pratiques de pots-de-vin ont été portées contre l’entreprise dans plusieurs hôpitaux qu’elle a acquis. En 2021, Prime Healthcare, son PDG, le Dr Reddy, et un cardiologue californien ont accepté de verser 37,5 millions de dollars (environ 34,5 millions d’euros) pour régler des allégations de pots-de-vin visant à obtenir des références de patients. Des accords similaires ont été conclus en 2019 et 2018 pour un montant total de 66,25 millions de dollars (environ 60,8 millions d’euros), concernant des accusations de fausses déclarations d’assurance et de codage incorrect.