Publié le 2024-02-29. Si les vitamines sont essentielles à notre organisme, un excès peut s’avérer dangereux, voire favoriser le développement de certaines maladies, notamment le cancer. Une consommation excessive de certains compléments alimentaires est désormais pointée du doigt par les experts.
- Une étude de 2019 révèle un risque accru de cancer du poumon lié à des doses trop élevées de vitamine B12.
- La Société allemande contre le cancer déconseille la supplémentation vitaminique systématique, la réservant aux situations spécifiques (grossesse, troubles d’absorption).
- Des recherches suggèrent que certaines vitamines, en excès, pourraient alimenter la croissance tumorale.
Longtemps considérées comme des alliées de la santé, les vitamines ne sont pas sans risque. Si une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, est un excellent moyen de couvrir nos besoins, la supplémentation vitaminique doit être envisagée avec prudence. L’idée que « plus il y en a, mieux c’est » est une erreur potentiellement dangereuse, soulignent les spécialistes.
Une étude publiée en 2019 a mis en évidence un lien entre des doses trop importantes de vitamine B12 et un risque accru de cancer du poumon. La vitamine B12 ne provoque pas directement le cancer, mais elle pourrait accélérer la croissance des cellules cancéreuses existantes. La Société allemande contre le cancer recommande donc de déterminer ses taux sériques de vitamine B12 avant toute prise de complément et de consulter un médecin. Les effets de la vitamine B12 font encore l’objet de recherches selon les experts.
D’autres vitamines, notamment la vitamine A, la vitamine C et la vitamine E, également connues pour leurs propriétés antioxydantes, sont également sous surveillance. Une étude du Journal of Clinical Investigation (2023) suggère que leur consommation excessive pourrait augmenter le risque de développer une tumeur maligne au niveau des poumons. Les antioxydants, bien que bénéfiques pour la santé de la peau, des dents, des gencives, des os et des vaisseaux sanguins, pourraient activer un mécanisme favorisant le développement des cellules cancéreuses.
Selon les recherches, les tumeurs cancéreuses utiliseraient les vitamines pour former de nouveaux vaisseaux sanguins, leur assurant ainsi un apport nutritionnel optimal et favorisant leur croissance. Les antioxydants présents dans les fruits et légumes ne posent pas de problème, mais il est préférable d’éviter les compléments alimentaires sous forme de pilules, de gouttes ou de boissons vitaminées, surtout face aux promesses marketing parfois trompeuses de certains fabricants.
La Société allemande contre le cancer estime que la supplémentation vitaminique n’est utile que dans des cas spécifiques, tels que la grossesse ou les maladies affectant l’absorption des nutriments, comme la vitamine D ou le calcium. Un apport excessif peut être nocif et augmenter le risque de cancer. Il est donc essentiel de ne pas se lancer dans une auto-médication vitaminique et de demander l’avis d’un professionnel de santé.
En conclusion, si une alimentation équilibrée et variée est la meilleure façon de couvrir nos besoins en vitamines, la prudence est de mise en matière de supplémentation. L’excès peut être aussi dangereux que la carence.