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Ceux qui possèdent cette compétence gagnent 4,5 fois plus

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Publié le 2024-02-29 10:15:00. Malgré l’omniprésence du discours sur l’intelligence artificielle, une nouvelle étude de Google révèle que son adoption concrète en entreprise reste limitée, creusant un fossé entre ceux qui maîtrisent cette technologie et les autres.

  • Seulement 40 % des employés américains utilisent l’intelligence artificielle au moins occasionnellement au travail.
  • Les employés compétents en IA perçoivent un salaire 4,5 fois supérieur et sont quatre fois plus susceptibles d’être promus.
  • La principale barrière à l’adoption est la perception que l’IA n’est pas pertinente pour leur travail, particulièrement dans les petites entreprises et les zones rurales.

L’intelligence artificielle (IA) est sur toutes les lèvres, des conseils d’administration aux échanges informels entre collègues. Pourtant, une étude récente menée par Google en partenariat avec Ipsos, et dont les résultats ont été partagés avec Fortune, démontre que cette technologie n’a pas encore véritablement imprégné le monde du travail. Seuls 40 % des employés aux États-Unis déclarent utiliser l’IA au moins de manière occasionnelle dans l’exercice de leurs fonctions.

Le fossé est encore plus marqué en termes de maîtrise réelle de l’IA : seulement 5 % des employés se considèrent comme « compétents » dans ce domaine, ce qui signifie qu’ils ont intégré l’IA dans une part significative de leurs activités professionnelles. Cette compétence se traduit par des avantages tangibles en termes de carrière.

L’étude révèle que les employés maîtrisant l’IA bénéficient d’un avantage salarial considérable, avec une augmentation de salaire 4,5 fois supérieure à celle de leurs collègues moins familiarisés avec cette technologie. Ils sont également quatre fois plus susceptibles d’être promus. Ces chiffres mettent en évidence l’émergence d’une nouvelle fracture des compétences au sein des entreprises.

La principale raison expliquant cette faible adoption réside dans la perception des employés : 53 % d’entre eux estiment que l’IA n’est pas pertinente pour leur travail. Ce sentiment est particulièrement répandu parmi les employés des petites entreprises, ceux qui résident en milieu rural et ceux qui occupent des postes sur le terrain. Ces groupes sont précisément ceux qui pourraient être les plus affectés par l’augmentation des exigences de productivité liées à l’IA.

Le rapport souligne également un manque criant de formation. Au cours des douze derniers mois, seuls 14 % des salariés ont bénéficié d’une formation en IA proposée par leur employeur, et seulement 37 % déclarent que des directives claires concernant l’utilisation de l’IA sont en place au sein de leur organisation.

Fabien Curto Millet, économiste en chef de Google, reconnaît que l’intégration de l’IA dans les flux de travail quotidiens prendra du temps. Cependant, il met en garde contre les conséquences d’une inaction :

« Ne pas investir dans l’éducation risque de prendre du retard par rapport à des concurrents qui ont déjà réalisé ces progrès. »

Fabien Curto Millet, économiste en chef de Google

Cette étude intervient plus de trois ans après le lancement de ChatGPT, et dans un contexte de généralisation des outils d’IA générative tels que Claude, Gemini et Copilot. La pression sur les entreprises pour accroître la productivité de leurs employés n’a jamais été aussi forte. Le PDG de Google, Sundar Pichai, a d’ailleurs souligné la nécessité d’améliorer la productivité des effectifs existants plutôt que de procéder à de nouvelles embauches.

Pour répondre à ce besoin de formation, Google lance un nouveau programme de certification professionnelle en IA, d’une durée de huit heures. Ce programme se concentre sur l’application de l’IA dans des domaines clés tels que la recherche, la création de contenu et l’analyse de données. Des entreprises de premier plan comme Walmart, Colgate-Palmolive et Deloitte prévoient de proposer cette certification gratuitement à leurs employés.

Donna Morris, directrice des ressources humaines de Walmart, voit l’IA non pas comme une menace pour l’emploi, mais comme un outil de transformation des méthodes de travail :

« Nous considérons l’intelligence artificielle non pas comme une menace qui éliminerait des employés, mais comme un outil qui transforme la façon de faire des affaires. »

Donna Morris, directrice des ressources humaines de Walmart

Pour les jeunes générations confrontées à un marché du travail incertain, Fabien Curto Millet insiste sur l’importance d’acquérir rapidement des compétences en IA, tout en préservant le jugement humain. Matt Sigelman, président du Burning Glass Institute, souligne également la nécessité de ne pas négliger les compétences fondamentales telles que la pensée critique, l’empathie et la prise de décision stratégique.

« L’objectif n’est pas de rivaliser avec l’intelligence artificielle, mais de l’utiliser comme un multiplicateur de force. »

Matt Sigelman, président du Burning Glass Institute

Enfin, Fabien Curto Millet suggère que les jeunes employés peuvent jouer un rôle de « mentor inversé » au sein des entreprises, en partageant leurs connaissances en IA avec leurs collègues plus expérimentés et en contribuant ainsi à l’amélioration des compétences de l’ensemble de l’organisation.

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