Publié le 2024-02-29 18:35:00. L’Iran a averti les États-Unis que toute attaque militaire contre son territoire entraînerait des représailles ciblant les bases et les actifs américains dans la région, alors que les négociations pour limiter le programme nucléaire iranien sont au point mort et que les tensions s’intensifient au Moyen-Orient.
- L’ambassadeur iranien à l’ONU a qualifié les menaces américaines d’« agression militaire » et a appelé le Conseil de sécurité à intervenir.
- Washington a déployé une force navale dans la région et envisage des frappes militaires pour faire pression sur Téhéran.
- L’Iran affirme rester ouvert aux solutions diplomatiques, mais se réserve le droit de se défendre en cas d’attaque.
Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’ambassadeur iranien, Amir Saeed Iravani, a déclaré que les « bases, installations et actifs américains » seraient considérés comme des « cibles légitimes » si les États-Unis mettaient à exécution leurs menaces. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes liées au programme nucléaire iranien et aux efforts déployés pour parvenir à un accord.
La lettre fait référence à un message récent du président américain Donald Trump sur les réseaux sociaux, dans lequel il évoquait la possibilité d’utiliser des bases militaires britanniques, dont une située dans l’océan Indien, « si l’Iran décide de ne pas conclure d’accord ». Iravani a dénoncé cette rhétorique comme une preuve des « risques d’agression militaire », soulignant que les conséquences d’un tel conflit seraient « catastrophiques pour la région » et constitueraient une « menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales ».
L’ambassadeur iranien a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à « faire en sorte que les États-Unis cessent immédiatement leurs menaces illégales de recours à la force ». Il a également réaffirmé la volonté de l’Iran de « trouver des solutions diplomatiques » et de « lever sur une base mutuelle les ambiguïtés concernant » son programme nucléaire.
Trump a annoncé jeudi que l’Iran disposait d’un délai de 15 jours pour parvenir à un accord, sous peine de voir les États-Unis recourir à la force. Ces déclarations interviennent après des négociations entre l’Iran et les États-Unis à Genève mardi, au cours desquelles, selon le plus haut diplomate iranien, des « progrès » ont été réalisés.
Il est important de noter qu’une tentative antérieure de négociations avait échoué en juin dernier, suite à une frappe israélienne contre l’Iran, qui a déclenché une escalade militaire de 12 jours, à laquelle les États-Unis se sont brièvement joints en bombardant des installations nucléaires iraniennes.