Publié le 2024-02-29 10:30:00. L’enseignement du frison à l’école en Frise est un sujet de débat, mais l’extension de cette politique aux dialectes brabançons semble peu probable, selon le linguiste Wim Daniëls. La mobilité croissante menace la survie des dialectes, y compris le brabançon, à long terme.
- L’enseignement du frison est envisagé pour tous les enfants de Frise, mais une initiative similaire pour le brabançon est jugée irréaliste.
- Le frison, contrairement au brabançon, bénéficie d’une tradition écrite qui facilite sa standardisation.
- La mobilité géographique est identifiée comme la principale menace pour la pérennité des dialectes, frison et brabançon inclus.
Alors que la question de l’enseignement du frison à l’école suscite des discussions en Frise, l’idée d’étendre cette mesure aux dialectes brabançons semble, selon le linguiste Wim Daniëls, relever de l’utopie. « Je ne pense pas que cela soit possible. Tout simplement parce que la plupart des enseignants ne le parlent pas. De plus, dans le Brabant, on n’a pas affaire à un seul type de Brabant, mais à plusieurs types de Brabant », explique-t-il.
Cette différence fondamentale entre le frison et le brabançon réside dans leur histoire. Le frison, fort d’une tradition écrite, a pu se standardiser au fil du temps. « En termes de grammaire, en termes de prononciation. Si vous commencez à enregistrer quelque chose, vous avez plus de chances de standardiser. Le brabançon n’a jamais été enregistré comme tel. C’est une situation complètement différente », précise Daniëls.
Pour autant, le linguiste ne plaide pas pour l’abandon complet de l’enseignement des dialectes brabançons. « On peut occasionnellement donner un cours de dialecte. C’est assez intéressant, mais je ne pense pas qu’on puisse inscrire le Brabant à l’horaire », nuance-t-il.
L’avenir des dialectes brabançons apparaît toutefois sombre. Daniëls anticipe une disparition progressive, imputable à la mobilité croissante de la population. « Dans 50 ans, il ne restera plus rien du dialecte brabançon. Cela est lié à la mobilité. Le dialecte ne peut exister que si les gens continuent à vivre là où ils sont nés et à épouser quelqu’un du même village », affirme-t-il. Il souligne que le dialecte, pour survivre, nécessite une certaine forme d’enracinement et d’isolement géographique.
Cette tendance à la disparition ne se limite pas au brabançon. Selon Daniëls, le frison lui-même est menacé par la même force : la mobilité. « La mobilité est devenue si importante qu’à long terme, le Frison ne sera pas en mesure d’y faire face », conclut-il, soulignant que la mondialisation et les déplacements de population représentent un défi majeur pour la préservation des langues et des dialectes régionaux.