Publié le 24 octobre 2024. Suite à une décision de la Cour suprême invalidant certains tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, plusieurs gouverneurs démocrates réclament le remboursement de milliards de dollars aux familles américaines, accusant l’ancien président d’avoir artificiellement augmenté le coût de la vie.
- Le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, a adressé une facture de près de 9 milliards de dollars (environ 8,3 milliards d’euros) à l’ancien président Trump pour compenser les droits de douane payés par les habitants de son État.
- D’autres gouverneurs démocrates, dont Gavin Newsom de Californie et Kathy Hochul de New York, dénoncent ces tarifs comme une taxe illégale et demandent également réparation.
- L’ampleur des remboursements potentiels est estimée à 175 milliards de dollars (environ 162 milliards d’euros), mais la question de leur distribution reste ouverte.
La décision de la Cour suprême, rendue récemment, a jugé que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en invoquant des mesures d’urgence pour imposer des droits de douane sur des milliards de dollars de marchandises importées. Ces tarifs, initialement présentés comme un moyen de protéger l’industrie américaine et de renégocier les accords commerciaux, ont eu des conséquences importantes sur l’économie, notamment une augmentation des prix à la consommation et des tensions avec les alliés commerciaux des États-Unis.
J.B. Pritzker n’a pas hésité à critiquer ouvertement l’ancien président. Dans une lettre adressée à la Maison Blanche, il a exigé un remboursement d’environ 1 700 dollars (environ 1 570 euros) par foyer de l’Illinois, un montant estimé par des experts de l’université de Yale comme étant le coût moyen des droits de douane supporté par un ménage américain l’année dernière. Il a averti que d’autres actions en justice pourraient suivre si une compensation n’était pas accordée.
« Vos taxes douanières ont fait des ravages chez les agriculteurs, ont mis en colère nos alliés et ont fait grimper les prix des produits alimentaires. »
J.B. Pritzker, Gouverneur de l’Illinois
Gavin Newsom, gouverneur de Californie, a adopté un ton tout aussi ferme.
« Il est temps de payer le prix, Donald. Ces tarifs n’étaient rien d’autre qu’une ponction illégale d’argent qui faisait monter les prix et nuisait aux familles de travailleurs, ce qui permettait de détruire des alliances de longue date et de les extorquer. Tout dollar illégalement prélevé doit être remboursé immédiatement, avec intérêts. Toussez ! »
Gavin Newsom, Gouverneur de Californie
Bien que ces revendications soient largement perçues comme une offensive politique, notamment dans le contexte de la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2028, elles mettent en lumière une question économique cruciale : qui doit supporter le coût des droits de douane ? Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s’est montré sceptique quant à la possibilité d’une compensation directe pour les Américains ordinaires.
Donald Trump a réagi en annonçant qu’il envisagerait d’imposer un tarif global de 10 % pendant 150 jours pour remplacer les mesures d’urgence invalidées par la Cour suprême. Il a également reconnu que tout processus de remboursement pourrait prendre des années, remettant en question les promesses faites l’année précédente concernant un « petit rabais » pour les Américains grâce aux revenus générés par les tarifs.
Le juge conservateur Brett Kavanaugh, nommé par Trump à la Cour suprême, a souligné dans son opinion dissidente que la décision ne tranchait pas sur la question de savoir si, et comment, le gouvernement devait restituer les milliards de dollars collectés auprès des importateurs. La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a quant à elle dénoncé les tarifs de l’administration Trump comme une « taxe illégale et détournée sur les familles qui travaillent dur, les agriculteurs et les petites entreprises, augmentant les prix de tout, de l’épicerie aux matériaux de construction ».
Les tarifs douaniers de l’administration Trump ont généré plus de 130 milliards de dollars (environ 120 milliards d’euros) grâce aux importateurs, une part importante de ce coût supplémentaire ayant été répercutée sur les consommateurs. L’avenir de ces fonds et la manière dont ils seront éventuellement restitués restent incertains.