Publié le 21 février 2026 à 12h33. Le marché du travail dans les pays baltes est marqué par une forte mobilité des salariés, qui ne sont plus uniquement motivés par la rémunération. Une étude récente révèle une insatisfaction croissante quant à la reconnaissance de leur travail et à leurs perspectives d’évolution.
- Plus de 70 % des salariés envisagent de changer d’emploi.
- Seulement un tiers estime que sa rémunération est juste.
- En Estonie, les aspects qualitatifs (culture d’entreprise, opportunités) priment dans la décision de quitter un emploi.
Le marché du travail dans les pays baltes reste dynamique, mais une tendance forte se dessine : l’argent ne fait plus tout. Selon une enquête menée par CV-Online auprès des salariés lituaniens, lettons et estoniens, une majorité significative – plus de 70 % – envisage de quitter son emploi actuel. Ce mouvement n’est plus uniquement motivé par des considérations salariales, mais également par un besoin de reconnaissance, d’opportunités de développement et d’un environnement de travail plus stimulant.
Si les salaires ont connu une augmentation au cours de la dernière année, celle-ci n’a pas été uniforme. En Lituanie, 37 % des salariés ont bénéficié d’une hausse, tandis que ce chiffre s’élève à 30 % en Lettonie. Pour la majorité, la rémunération est restée stable en 2025. Les baisses de salaire, bien que peu fréquentes, ont concerné 4 % des employés en Lituanie et 6 % en Lettonie.
En Lettonie, un constat préoccupant ressort : 37 % des salariés ont vu leurs responsabilités augmenter sans que cela se traduise par une évolution de leurs tâches ou de leur rémunération. Cette situation contribue à un sentiment de sous-évaluation et à une tension accrue. En Lituanie, la situation est plus stable, 71 % des personnes interrogées n’ayant constaté aucun changement dans leurs responsabilités et 4 % ayant bénéficié d’une promotion.
Un sentiment d’injustice salariale prégnant
Le sentiment d’être équitablement rémunéré est loin d’être partagé par la majorité des salariés. En Lituanie et en Lettonie, seulement environ un tiers estime que son salaire correspond à sa contribution. Les Lituaniens sont particulièrement insatisfaits, 67 % d’entre eux estimant que leur travail est sous-évalué et sous-payé. En Estonie, ce chiffre s’élève à 45 %.
Les attentes salariales des employés sont claires : une augmentation de 20 à 30 % est considérée comme « correcte ». Cet écart entre les attentes et la réalité contribue à alimenter la volonté de changement d’emploi.
La recherche d’emploi en hausse
La propension à changer d’emploi reste élevée dans les pays baltes. En Estonie, ce sont 89 % des salariés qui sont à l’écoute du marché, tandis qu’en Lituanie et en Lettonie, environ 7 salariés sur 10 envisagent de postuler à d’autres offres.
Cette tendance est plus marquée qu’il y a un an. En 2025, 19 % des travailleurs lituaniens, 28 % des Lettons et 38 % des Estoniens étaient activement en recherche d’emploi. En 2026, ces chiffres sont déjà de 24 % en Lituanie, 31 % en Lettonie et 43 % en Estonie.
Les raisons de ce désir de changement varient selon les pays. Si le salaire reste un facteur déterminant en Lettonie et en Lituanie, en Estonie, ce sont davantage des aspects qualitatifs qui motivent les salariés : culture de leadership inappropriée, manque d’opportunités de carrière et de développement, et charge de travail excessive.
Il est intéressant de noter qu’en Lettonie, la principale raison pour laquelle un employé ne cherche pas un autre emploi est la satisfaction qu’il retire de son poste actuel. En Lituanie et surtout en Estonie, certains salariés invoquent le contexte économique actuel, estimant que ce n’est pas le moment opportun pour changer d’emploi.
Quelles attentes pour un futur emploi ?
Les attentes des salariés face à un nouvel emploi sont relativement homogènes dans les trois pays. La priorité reste un salaire compétitif, suivi de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et d’un travail stimulant et porteur de sens. La possibilité de travailler à distance est également un critère important pour environ 4 salariés sur 10.
La réputation de l’employeur est un facteur pris en compte, mais les aspects pratiques tels que la rémunération et les conditions de travail restent primordiaux.
En 2026, le marché du travail balte envoie un message clair : la simple stabilité financière ne suffit plus à retenir les talents. Même si les salaires ont augmenté dans de nombreuses entreprises, un faible pourcentage de salariés se sentent valorisés. Les employés sont ouverts aux opportunités et leur décision de changer d’emploi est de plus en plus influencée par la qualité du management, les perspectives d’évolution et le bien-être général au sein de l’entreprise.
Source : enquête CV-Online