Publié le 22 février 2026 à 05:23:00. Le lancement controversé d’Uber à Sainte-Lucie se poursuit malgré l’absence d’approbation gouvernementale et l’opposition du syndicat des taxis, soulevant des questions sur l’avenir du transport sur l’île.
Le gouvernement de Sainte-Lucie n’a pas donné son feu vert à l’exploitation d’Uber sur son territoire, a réaffirmé le ministre du Tourisme, Ernest Hilaire, face à la polémique grandissante. Le Syndicat national des taxis (NTU) a également mis en garde ses membres contre les risques de perdre leur agrément s’ils utilisent la plateforme de covoiturage.
Contacté par St. Lucia Times, Uber n’a pas directement répondu aux questions concernant sa légalité d’opération, son intention de se conformer aux demandes du gouvernement, ou les mesures prises pour respecter la réglementation locale. L’entreprise a simplement réitéré sa volonté de dialoguer avec les autorités et les parties prenantes.
« Uber reste ouvert à un dialogue respectueux avec toutes les parties prenantes et s’engage à faire partie de l’avenir de Sainte-Lucie. »
Uber
Depuis son lancement le 27 janvier, Uber est confronté à des obstacles juridiques et réglementaires. Le ministre Hilaire a identifié trois points de non-conformité : l’absence de licence commerciale, l’absence d’enregistrement auprès du département des impôts pour le paiement des taxes applicables, et l’absence de certification en vertu de la Loi sur le développement du tourisme.
Uber se présente comme une plateforme permettant de mettre en relation les conducteurs locaux avec les touristes, en offrant des options de paiement par carte de crédit et en préservant l’indépendance des conducteurs quant à leurs horaires et leurs choix de trajets.
L’arrivée d’Uber a suscité des réactions mitigées parmi les habitants de Sainte-Lucie, reflétant une insatisfaction plus large face au système de transport existant. Certains saluent la promesse d’un service fiable, tandis que d’autres expriment des inquiétudes quant à son coût et à sa viabilité à long terme.
« Depuis mon retour à Sainte-Lucie en 2022, j’ai essayé d’autres applications de covoiturage et parfois je n’arrivais pas à trouver de chauffeur ou je faisais face à des frais inattendus… j’ai donc finalement arrêté d’essayer de les utiliser. »
Un résident de Beauséjour
Pour beaucoup, le débat dépasse la simple question de la présence ou non d’Uber. Les lacunes du système de transport public de Sainte-Lucie – itinéraires limités, service irrégulier et couverture insuffisante – continuent de poser des problèmes aux travailleurs et aux étudiants. Certains plaident pour une rénovation du système de transport public, complétée par des applications de covoiturage comme option pour ceux qui peuvent se le permettre.
La question centrale demeure : comment Sainte-Lucie peut-elle construire un système de transport plus fiable, abordable et accessible pour tous ?