Un essai clinique à grande échelle a révélé que l’administration d’une protéine synthétique ne permet pas d’améliorer significativement les résultats chez les patients souffrant d’hémorragie intracérébrale (HIC), une forme particulièrement mortelle d’accident vasculaire cérébral (AVC). Les résultats de l’étude FASTEST, publiés dans The Lancet, pourraient néanmoins aider à mieux identifier les patients susceptibles de bénéficier de ce traitement.
L’HIC, qui survient lorsqu’un vaisseau sanguin du cerveau se rompt, représente environ 15 % de tous les AVC, mais est responsable d’une proportion alarmante de 50 % des décès liés à cette pathologie. L’essai FASTEST, mené sur 93 sites répartis aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, au Japon, en Espagne et au Royaume-Uni, a évalué l’efficacité du facteur VIIa recombinant (rFVIIa), une version synthétique d’une protéine naturelle impliquée dans la coagulation sanguine.
Au total, 328 patients ont reçu le médicament expérimental et 298 ont reçu un placebo dans les deux heures suivant le début de l’HIC. Bien que le rFVIIa ait démontré une capacité à ralentir les saignements, l’étude n’a pas mis en évidence d’amélioration significative des résultats cliniques pour l’ensemble de la population étudiée. L’essai a d’ailleurs été interrompu prématurément en raison d’un manque de preuves de bénéfice.
« Plus on peut traiter rapidement après le début de l’AVC, moins il y a de saignements avec ce traitement », a déclaré le Dr Joseph Broderick, de l’Université de Cincinnati, principal investigateur de l’essai FASTEST.
Les chercheurs soulignent que ces résultats ne signifient pas que le rFVIIa est inefficace dans tous les cas. Ils suggèrent qu’il pourrait être bénéfique pour certains sous-groupes de patients présentant un risque élevé de saignement continu. Des analyses plus approfondies des données de l’essai sont en cours pour identifier ces patients.