Publié le 23 février 2026 à 09h43. Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a défendu les besoins énergétiques de l’intelligence artificielle, contestant les inquiétudes concernant la consommation d’eau des centres de données et établissant un parallèle entre l’énergie utilisée par les systèmes d’IA et celle consommée par les humains.
- Sam Altman réfute les affirmations selon lesquelles ChatGPT consommerait des quantités importantes d’eau par requête.
- Il souligne que la consommation d’énergie reste une préoccupation majeure, plaidant pour un virage rapide vers l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
- Les commentaires d’Altman suscitent un débat sur l’équivalence entre l’IA et l’être humain, notamment après des critiques de la part d’un cofondateur de Zoho Corporation.
Lors du sommet India AI Impact, Sam Altman a répondu aux critiques courantes concernant l’impact environnemental de l’IA. Il a qualifié de « complètement fausses et absurdes » les allégations circulant en ligne concernant la consommation d’eau de ChatGPT, affirmant qu’elles n’avaient « aucun lien avec la réalité ». Les centres de données, bien que traditionnellement gourmands en eau pour le refroidissement, évoluent vers des technologies plus économes, voire sans eau, comme le montrent certains centres de données de nouvelle génération.
Cependant, un rapport récent de la société de technologie de l’eau Xylem et de Global Water Intelligence prévoit que la consommation d’eau pour le refroidissement des centres de données pourrait plus que tripler au cours des 25 prochaines années, en raison de l’augmentation de la demande informatique. Cette prévision met en évidence la pression croissante sur les ressources hydriques.
Altman a reconnu que la consommation d’énergie reste un défi majeur pour l’IA, non pas au niveau de chaque requête, mais en raison de l’utilisation massive de l’IA à l’échelle mondiale. Il a insisté sur la nécessité d’une transition rapide vers des sources d’énergie plus durables, telles que le nucléaire, l’éolien et le solaire.
Interrogé sur les propos de Bill Gates, fondateur de Microsoft, qui suggérait que l’efficacité du cerveau humain pourrait inspirer des IA plus économes en énergie, Altman a rétorqué :
« L’un des problèmes avec cette comparaison est que les gens parlent de l’énergie nécessaire pour entraîner un modèle d’IA… Mais il faut aussi beaucoup d’énergie pour entraîner un humain. Cela prend environ 20 ans de vie, et toute la nourriture que vous mangez avant de devenir intelligent. »
Sam Altman, PDG d’OpenAI
Altman a précisé que la comparaison pertinente porte sur l’énergie nécessaire pour répondre à une question, une fois le modèle entraîné. Il estime que l’IA a déjà atteint, voire dépassé, l’efficacité énergétique humaine dans ce domaine. Ce processus, appelé inférence, nécessite généralement moins d’énergie que l’entraînement initial des modèles.
Les déclarations d’Altman, en particulier la comparaison entre l’IA et l’être humain, ont suscité un débat en ligne, alimenté par les inquiétudes croissantes concernant le potentiel de l’IA à remplacer le travail humain. Sridhar Vembu, cofondateur et scientifique en chef de Zoho Corporation, a critiqué cette équivalence, déclarant :
« Je ne veux pas voir un monde dans lequel nous assimilerions une technologie à un être humain. »
Sridhar Vembu, cofondateur et scientifique en chef de Zoho Corporation
Ce débat intervient alors que les gouvernements et les entreprises investissent massivement dans de nouveaux centres de données pour répondre aux besoins informatiques croissants des systèmes d’IA. Selon un rapport du Fonds monétaire international, la consommation électrique des centres de données mondiaux en 2023 a atteint des niveaux comparables à ceux de l’Allemagne ou de la France, peu après le lancement de ChatGPT.
En réponse, certains gouvernements s’efforcent d’accélérer les procédures d’approbation pour les nouvelles sources d’énergie, tandis que certains écologistes mettent en garde contre le risque de compromettre les objectifs de neutralité carbone. Des communautés locales, notamment aux États-Unis, s’opposent également à des projets de développement de centres de données, craignant une surcharge des réseaux électriques et une augmentation des coûts de l’électricité. Récemment, le conseil municipal de San Marcos, au Texas, a rejeté un projet de centre de données d’un coût de 1,5 milliard de dollars après des mois de contestation publique.
Face à ces obstacles, de nombreux leaders technologiques, dont Sam Altman, soulignent la nécessité de diversifier les sources d’énergie des centres de données, en privilégiant les énergies renouvelables et le nucléaire.