La tension géopolitique au Moyen-Orient continue d’influencer les marchés pétroliers, avec une prime de risque qui, bien que légèrement retombée après une récente flambée, reste significative. Le baril de pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) se négocie autour de 66,12 dollars (environ 61,50 euros), tandis que le Brent oscille près de 71,03 dollars (environ 66 euros).
Cette légère baisse par rapport aux sommets de six mois atteints la semaine dernière s’explique par un apaisement temporaire des craintes d’escalade militaire, mais la situation reste fragile. L’administration Trump a fixé un ultimatum à l’Iran, lui laissant une dizaine de jours pour prendre une décision, alors que les États-Unis ont déployé une force navale considérable dans la région – un tiers de leur flotte mondiale, selon des sources officielles – une présence comparable à celle observée lors de l’invasion de l’Irak en 2003.
Les experts s’interrogent sur le niveau approprié de la prime de risque à appliquer au pétrole. Si certains estiment qu’elle se situe entre 4 et 10 dollars par baril, d’autres soulignent le danger potentiel d’une attaque iranienne contre le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transit mondial du pétrole.
En 2024, environ 20 millions de barils par jour (b/j) de liquides pétroliers – soit environ 20 % de la consommation mondiale – ont transité par le détroit d’Ormuz, selon l’US Energy Information Administration. Les principaux exportateurs utilisant cette voie sont l’Arabie saoudite (environ 5,5 millions de b/j), l’Irak (3,2 millions de b/j), les Émirats arabes unis (1,9 à 2 millions de b/j), le Koweït (1,3 à 1,5 million de b/j) et l’Iran (1,3 à 1,7 million de b/j, dont 90 % sont destinés à la Chine). Les principaux importateurs sont les pays asiatiques, qui représentent environ 84 % des expéditions, la Chine étant le premier acheteur.
L’Iran continue de produire environ 3,3 millions de barils par jour malgré les sanctions internationales. Une interruption de ses exportations, ou une fermeture du détroit d’Ormuz, pourrait entraîner une forte compression de l’offre et une flambée des prix, ce qui a incité les marchés à intégrer une prime de risque dès à présent.
Les coûts d’assurance pour les navires transitant dans le Golfe persique ont déjà augmenté, atteignant parfois 2 % de la valeur du navire dans les zones à risque. Les tarifs de fret pour les très grands transporteurs de pétrole (VLCC) ont presque triplé cette année, atteignant 151 000 dollars par jour, un niveau jamais vu depuis 2020. De moins en moins d’armateurs sont disposés à prendre le risque de naviguer dans ces eaux, ce qui contribue à la hausse des prix.
Goldman Sachs a revu à la hausse ses prévisions de prix du pétrole pour le quatrième trimestre 2026, en raison d’un resserrement des stocks de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La banque prévoit désormais un prix du Brent à 60 dollars le baril et du WTI à 56 dollars, tout en maintenant sa conviction qu’un excédent pétrolier mondial persistera.
Par ailleurs, des facteurs externes, tels que le blizzard historique qui frappe la côte est des États-Unis et la hausse de la demande de gaz naturel, contribuent également à la volatilité des marchés énergétiques. La Californie, confrontée à des problèmes d’approvisionnement, importe de l’essence via les Bahamas, ce qui augmente les coûts pour les consommateurs.