Publié le 24 février 2026 à 20h50. Le groupe énergétique espagnol Endesa a annoncé un plan d’investissement de 10,6 milliards d’euros sur les trois prochaines années, principalement destiné à la modernisation de ses réseaux de distribution et au développement des énergies renouvelables, tandis que la société mère, Enel, bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des investisseurs.
- Endesa va investir 10,6 milliards d’euros au cours des trois prochaines années, un niveau inégalé depuis 2014.
- Plus de la moitié de ce montant, soit 5,5 milliards d’euros, sera allouée à la modernisation des réseaux de distribution, sous réserve d’une autorisation réglementaire.
- Les banques d’investissement ont relevé leurs estimations pour Enel, anticipant des dividendes et des rachats d’actions plus importants.
À l’instar de sa société mère, Enel, qui a porté son plan d’investissement à 53 milliards d’euros pour la période 2026-2028, Endesa a décidé d’accélérer le rythme de ses investissements. Le PDG, José Bogas, et le directeur financier, Marco Palerme, ont souligné que ce niveau d’investissement n’avait pas été atteint depuis 2014. 3 milliards d’euros seront spécifiquement consacrés aux énergies renouvelables, avec un objectif de 13,2 Gigawatts (GW) de capacité supplémentaire (+1,9 GW).
L’investissement de 5,5 milliards d’euros dans les réseaux de distribution est toutefois conditionné à l’approbation d’un arrêté royal qui permettrait d’investir au-delà des plafonds réglementaires actuels. Le marché a favorablement accueilli cette condition suspensive : l’action Endesa a gagné plus de 6% mardi 24 février, dépassant les 34 euros.
Selon UBS, le plan et les perspectives d’Endesa dépassent les attentes, notamment grâce à un taux de distribution de dividendes d’au moins 70% du bénéfice et une croissance estimée du bénéfice par action (BPA) de 4% par an sur les trois prochaines années. Les résultats de 2025 ont également été bien accueillis, avec un excédent brut d’exploitation (EBITDA) de 5,7 milliards d’euros, en hausse de 9%, et un bénéfice net ordinaire de 2,3 milliards d’euros, en hausse de 18%.
En conséquence, une augmentation de 20% du dividende, à 1,58 euro par action, sera proposée lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires.
Endesa a également réitéré la nécessité de reporter le plan de fermeture des centrales nucléaires convenu en 2019, afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement énergétique, compte tenu des retards importants dans la mise en œuvre des projets d’énergie éolienne et de stockage d’énergie pour 2030. Le groupe estime que le coût du remplacement du parc nucléaire par une combinaison de centrales solaires, de batteries et de gaz serait le double de celui de l’énergie nucléaire, à conditions fiscales égales. Par conséquent, le fonctionnement des réacteurs devrait être prolongé pour renforcer le système électrique et réduire les coûts et les émissions.
Parallèlement, les titres Enel ont également bénéficié d’un regain d’intérêt. Après une hausse de près de 7% le 23 février, l’action Enel a gagné environ 1,5% à 9,8 euros. Plusieurs banques d’investissement ont relevé leur objectif de cours pour Enel, notamment Equita et Barclays, qui ont fixé l’objectif à 11 euros. Akros a quant à lui porté l’objectif à 10,5 euros, avec une recommandation d’achat.
Equita a révisé à la hausse ses estimations pour Enel, augmentant le BPA de 2 à 5% sur la période 2027-2030 pour tenir compte d’un effet de levier plus important, d’un rachat d’actions jusqu’à 3,5 milliards d’euros en 2028 et d’un dividende plus généreux (de 53 à 58 centimes attendus en 2028). Barclays a également relevé ses estimations, estimant que les objectifs d’Enel dépassent le consensus, et mettant en avant une croissance du BPA d’environ 6% jusqu’en 2030, une plus grande visibilité sur les bénéfices grâce aux réseaux et aux énergies renouvelables, et une contribution croissante des solutions liées à l’intelligence artificielle et aux centres de données.