Publié le 24 février 2026 à 19h10. Un rapport accablant dénonce le manque criant de ressources allouées à la santé mentale des détenus finlandais, mettant en lumière une situation qui pourrait constituer une violation de leurs droits fondamentaux.
- Le médiateur adjoint de la justice, Maija Sakslin, souligne que tous les prisonniers ne reçoivent pas les soins de santé adéquats prévus par la loi.
- Le psychiatre légiste Hannu Lauerma met en avant une augmentation des troubles mentaux chez les détenus, aggravée par un manque de personnel spécialisé.
- La solution, selon les experts, réside dans un financement accru, à l’image de ce qui est pratiqué en Norvège, où le taux de récidive est significativement plus faible.
L’accès aux soins de santé mentale en prison est devenu une préoccupation majeure en Finlande. Selon un rapport rendu public lundi par Maija Sakslin, médiatrice adjointe de la justice, les détenus ne bénéficient pas des services nécessaires pour répondre à leurs besoins en matière de santé mentale, comme l’exige la législation en vigueur.
Hannu Lauerma, psychiatre légiste et expert médical au sein d’un hôpital psychiatrique pour prisonniers, partage ce constat alarmant et insiste sur la nécessité d’accroître les ressources allouées à ce secteur. Il se réjouit que ce problème soit désormais publiquement reconnu.
« C’est exactement ce qui est dit dans le rapport »,
Hannu Lauerma, psychiatre légiste
La situation est jugée préoccupante, voire illégale dans certains cas, notamment pour les personnes atteintes de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), qui peuvent être contraintes d’attendre jusqu’à un an avant d’accéder à un examen spécialisé.
Selon Maija Sakslin, cette attente excessive est directement liée à un manque de moyens financiers. Hannu Lauerma explique sans détour que l’augmentation des troubles mentaux observés chez les détenus, conjuguée à l’afflux de personnes souffrant de pathologies psychiatriques graves, met à rude épreuve les ressources disponibles.
Le manque de personnel qualifié est également pointé du doigt. Hannu Lauerma souligne que de nombreux postes de médecins spécialistes en psychiatrie restent vacants.
Le rapport de la médiatrice adjointe de la justice exhorte les ministères des Affaires sociales et de la Santé ainsi que des Finances à prendre des mesures concrètes pour garantir un financement adéquat des services de santé en milieu carcéral.
« D’après ce que je vois, la solution est purement financière. On ne peut pas embaucher des gens sans argent. C’est une équation très simple. »
Hannu Lauerma, psychiatre légiste
Hannu Lauerma souligne que la Finlande est à la traîne par rapport à d’autres pays nordiques en matière d’investissement dans les soins de santé en prison. Il prend l’exemple de la Norvège, qui consacre quatre fois plus de fonds par détenu à ces services, et dont le taux de récidive est le plus bas au monde. Il s’interroge sur le fait que ce résultat soit une simple coïncidence.
L’expert espère que les autorités prendront en compte les recommandations du médiateur adjoint de la justice afin d’améliorer la situation des détenus.
Cet article est une traduction et une adaptation du texte « Un psychiatre légiste espère plus d’argent pour les services de santé mentale des détenus : « Les prisonniers sont encore plus perturbés qu’avant » » de Yrjö Hjelt. Traduction et adaptation par Nora Engstrom.