Publié le 24 février 2026 à 23h46. La mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), a déclenché une vague de « narcocorridos » – chansons dédiées aux figures du crime organisé – qui retracent les événements de son élimination et spéculent sur l’avenir de son organisation.
L’opération militaire qui a mené à la mort d’« El Mencho » le 22 février 2026 dans l’État de Jalisco a rapidement inspiré des compositeurs de corridos, un genre musical populaire au Mexique, qui ont transformé l’événement en ballades narratives. Ces chansons, diffusées en ligne en quelques heures, racontent les détails de l’affrontement et rendent hommage, ou non, au défunt chef du cartel.
L’un des premiers morceaux à émerger est « La Carrera de la Muerte Mencho » (La Course à la Mort de Mencho), interprété par le groupe Viral Norteño. La chanson décrit le déploiement militaire dès l’aube :
« À 6 heures du matin, les convois de l’armée et de la marine se sont déplacés, marquant des coordonnées avec le ferme objectif de capturer « El Señor de los Gallos… » »
Les paroles situent ensuite le moment décisif :
« À 9 heures, ils ont relâché le chat qui a déclenché l’opération, ils ont dû l’abattre… Nemesio Oseguera est tombé pendant le déploiement militaire… »
Le corrido présente l’affrontement comme un événement d’ampleur nationale :
« Ce n’était pas un corrido luxueux ni des applaudissements, c’était une amère chronique de feu et de douleur. »
Chéco Padilla a également sorti un corrido intitulé « La Caída de Mencho » (La Chute de Mencho), soulignant le siège militaire et la tension dans les montagnes de Jalisco :
« Dans les montagnes de Jalisco, la rumeur résonnait fort que dans le brouillard de la nuit se déplaçait un grand convoi… »
Le thème insiste sur le caractère historique du moment :
« Aujourd’hui, la chute du Mencho a résonné dans tout le pays, les mythes et les peurs sont tombés au pays du maïs. »
Et le corrido se termine par une réflexion :
« Ce n’est pas une histoire de grandeur ni un motif d’éloge, c’est une histoire opérationnelle de justice et de décision. »
Un autre corrido, « Señor M Se Fue » (Monsieur M est Parti), interprété par Chuy Villanueva, adopte un ton différent, plus proche de l’hommage et du récit de continuité au sein du CJNG. Il évoque notamment un possible successeur :
« C’est le monsieur du Michoacán et bien qu’il soit triste de l’accepter, le monsieur Mencho est parti. » Et même si le ‘un’ n’est plus là, le bracelet très solide ici est toujours le ‘3’… »
La figure d’« El Mencho » était au centre du débat public depuis des années, avec une récompense de 15 millions de dollars offerte par les autorités américaines et 300 millions de pesos mexicains (environ 1,7 million de dollars américains au taux de change actuel) par les autorités mexicaines pour des informations menant à son arrestation. Son nom était régulièrement mentionné dans les rapports sur la sécurité et les analyses internationales. Sa mort marque un tournant dans la lutte contre le crime organisé au Mexique et relance le débat sur le rôle des narcocorridos, ces chansons qui servent de chronique sociale immédiate des événements les plus sensibles du pays.
Plus de dix corridos dédiés à « El Mencho » ont été publiés dans les deux jours suivant son décès, témoignant de l’impact de cet événement sur la culture populaire mexicaine.