Publié le 24 février 2026 23:17:00. Une nouvelle étude révèle que le hennissement du cheval est un phénomène vocal unique, combinant deux types de sons produits par des mécanismes différents au sein du larynx.
- Les chevaux produisent des sons à deux fréquences distinctes simultanément : une basse, issue de la vibration des cordes vocales, et une haute, générée par un sifflement au niveau du larynx.
- Cette capacité, appelée biphonation, est inhabituelle chez les mammifères de grande taille et pourrait permettre aux chevaux de transmettre plusieurs messages à la fois.
- Les chercheurs ont combiné des études anatomiques, des données cliniques et des analyses acoustiques pour comprendre comment les chevaux produisent ce son complexe.
Le hennissement, cri emblématique des équidés, a longtemps intrigué les scientifiques. Bien que les chevaux domestiques coexistent avec l’homme depuis plus de 4 000 ans, la mécanique précise de leur communication vocale restait largement méconnue. Une équipe de chercheurs a récemment levé un voile sur ce mystère, révélant un processus étonnamment complexe.
L’enquête, publiée dans Current Biology, a mis en évidence que le hennissement représente un phénomène vocal inhabituel, connu sous le nom de biphonation. Ce processus implique la production de deux composantes de fréquence indépendantes : une basse et une haute. En d’autres termes, les chevaux sont capables d’émettre un son qui combine à la fois un grondement et un sifflement.
En général, la taille d’un mammifère et de son larynx est proportionnelle à la fréquence des sons qu’il produit. Les animaux plus grands émettent donc des sons plus graves, tandis que les plus petits produisent des sons plus aigus. Cependant, le hennissement du cheval constitue une exception à cette règle.
L’étude s’est concentrée sur la mécanique précise de la production du hennissement. Les chevaux, les ânes et les zèbres semblent tous dépourvus de la composante aiguë, ce qui suggère que les chevaux possèdent des adaptations vocales uniques.
Comment le cheval produit-il sa composante aiguë ?
La basse fréquence du hennissement est produite par la vibration des cordes vocales, un mécanisme similaire à celui utilisé par les humains lorsqu’ils chantent ou par un chat qui miaule. L’origine de la composante haute fréquence, en revanche, restait un mystère.
« Nous savons enfin comment les deux fréquences fondamentales qui composent un hennissement sont produites par les chevaux »,
Élodie Briefer, professeure associée au département d’écologie et d’évolution de l’Université de Copenhague
Pour tenter de percer ce secret, les chercheurs ont collecté des données grâce à une étude approfondie de l’anatomie vocale des animaux, ainsi que des données cliniques et des analyses acoustiques. Ils ont ainsi combiné des approches issues de la médecine vétérinaire et de la physique acoustique.
Ils ont découvert que cette haute fréquence est générée par un sifflement laryngé, un processus similaire à celui que peuvent produire les humains. La différence réside dans le fait que le courant d’air qui crée le son est généré directement dans le larynx de l’animal.
Chevaux : les seuls grands mammifères dotés d’un sifflement laryngé
Certains petits rongeurs, comme les rats et les souris, sont capables de produire des sifflements laryngés. Cependant, les chevaux sont la première espèce de grand mammifère à être capable de le faire, et les seuls animaux connus à le faire simultanément avec la vibration de leurs cordes vocales.
Ces nouvelles découvertes permettent de mieux comprendre comment les deux tons qui se chevauchent, ou biphonation, sont produits. L’équipe de recherche suggère que cette capacité a probablement évolué pour permettre aux chevaux de transmettre plusieurs messages indépendants en même temps.
« Comprendre comment et pourquoi la biphonation a évolué est une étape importante pour élucider les origines de l’étonnante diversité du comportement vocal chez les mammifères », a déclaré David Reby, de l’Université de Lyon/Saint-Étienne (France), et un autre des auteurs de l’article.
PEU (EFE, Current Biology)