Publié le 22 février 2026. Des ophtalmologistes tirent la sonnette d’alarme face à une complication rare mais potentiellement grave liée aux tatouages : une inflammation oculaire pouvant entraîner une perte de vision, et qui semble plus fréquente qu’on ne le pensait.
Une récente étude menée en Australie a recensé quarante nouveaux cas d’uvéite associée au tatouage, doublant pratiquement le nombre de cas documentés dans le monde depuis 2010. Bien que rare, cette pathologie soulève des inquiétudes quant à un possible sous-diagnostic.
L’uvéite est une inflammation de l’uvée, la couche intermédiaire de l’œil. Les premiers symptômes – vision floue, douleur, sensibilité à la lumière – peuvent facilement être confondus avec une simple conjonctivite. Or, l’origine du problème se situe sous la peau, dans la réaction du système immunitaire aux pigments du tatouage.
Selon les spécialistes, l’œil se retrouve pris dans un « feu croisé » immunitaire. Pour des raisons encore mal comprises, le système immunitaire réagit aux pigments du tatouage, déclenchant une inflammation qui peut cibler les tissus oculaires. Dans certains cas, le tatouage lui-même peut devenir enflammé, gonflé ou en relief lors des crises.
Le diagnostic peut s’avérer difficile en raison du délai d’apparition des symptômes. L’inflammation peut survenir en moyenne un à deux ans après la réalisation du tatouage, mais des cas ont été signalés jusqu’à 35 ans après l’injection de l’encre. L’encre noire est le pigment le plus fréquemment associé à ces réactions, bien que des cas impliquant des pigments rouges ou roses aient également été observés.
Dans de nombreux cas, les patients nécessitent un traitement immunosuppresseur à long terme pour contrôler l’inflammation. Les médecins soulignent qu’il est souvent difficile d’arrêter ce traitement, car les symptômes ont tendance à réapparaître.
Les chercheurs émettent l’hypothèse que la réaction pourrait dépendre de facteurs génétiques, de la manière dont le système immunitaire réagit aux pigments, ou du rôle du microbiome. Ils insistent sur le fait que ce risque ne devrait pas dissuader les gens de se faire tatouer, mais soulignent l’importance d’identifier les composés présents dans les encres qui peuvent déclencher la réaction immunitaire. L’objectif est de développer des pigments plus sûrs et d’améliorer la sensibilisation des médecins afin de permettre un diagnostic précoce et un traitement rapide, avant que l’inflammation ne provoque des dommages irréversibles à l’œil.
Pour en savoir plus sur cette complication oculaire, vous pouvez consulter l’article publié par Acuité ou celui de Science et Vie.