Home Économie Pourquoi les investisseurs peuvent se tourner vers les EGB au milieu de la nervosité des actions

Pourquoi les investisseurs peuvent se tourner vers les EGB au milieu de la nervosité des actions

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La volatilité croissante des marchés boursiers américains, exacerbée par les incertitudes liées à l’intelligence artificielle, pourrait favoriser un retour des investisseurs vers les obligations d’État de la zone euro, considérées comme un placement plus sûr et potentiellement plus rentable.

Contrairement aux États-Unis, où la croissance économique est fortement liée au secteur technologique, l’économie européenne présente une diversification plus large. Cette différence structurelle, combinée à une stabilisation des taux d’intérêt, rend les obligations d’État de la zone euro (OAT) de plus en plus attrayantes, notamment en termes de rapport risque/rendement.

Les mesures de volatilité implicite révèlent un contraste frappant : la volatilité des actions est en hausse, tandis que les perspectives des obligations restent stables. Ce phénomène, rare dans l’histoire récente, s’explique par une diminution de l’incertitude concernant la politique monétaire, qui a contribué à stabiliser les taux à court et à long terme.

Au cours de l’année écoulée, la volatilité des actions américaines a été trois fois supérieure à celle des obligations allemandes (Bunds). Des niveaux de volatilité aussi élevés n’ont été observés qu’en période de crise majeure, comme lors de la bulle internet, de la crise financière mondiale de 2008 ou de la pandémie de Covid-19. Pour un rendement de 2,7 %, le rendement total attendu sur un an, en tenant compte du « roll », s’élève à 3,5 %. Un rendement de 4,3 % est également envisageable, ce qui, compte tenu du faible risque associé, est particulièrement intéressant.

Un rééquilibrage des portefeuilles mondiaux, avec une réduction de l’exposition aux actions américaines au profit des obligations européennes, pourrait entraîner une forte demande pour les titres de dette en euros, limitant ainsi la pression à la hausse sur les taux. Les investisseurs à la recherche de rendements plus élevés, mais avec un profil de risque plus modéré, pourraient donc se tourner vers les obligations d’État de la zone euro.

Par ailleurs, la situation budgétaire européenne ne présente pas les mêmes préoccupations que celle des États-Unis, où les déficits publics sont plus étroitement liés aux investissements dans l’IA. Les écarts de taux entre les obligations d’État européennes et les Bunds ne reflètent pas non plus une détérioration du sentiment de risque, comme en témoigne le spread BTP-Bund à 10 ans, qui se maintient à son plus bas niveau depuis 2010.

Enfin, les investisseurs sont actuellement surpondérés en actions, avec une allocation de 70 % contre 40 % dans un portefeuille plus conservateur. Une rotation progressive des actifs vers les obligations pourrait donc contribuer à absorber l’offre record d’obligations d’État de la zone euro, sans nécessairement nécessiter une forte hausse des taux.

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