Publié le 25 février 2026 12:53:00. Une tension vive s’est manifestée au sein du Conseil judiciaire suprême de Bulgarie lors de la nomination du procureur de district de Sofia, le ministre de la Justice par intérim, Andreï Yankoulov, se heurtant à un boycott de la part des procureurs.
Le collège des procureurs du Conseil judiciaire suprême a ouvertement défié le ministre de la Justice par intérim, Andreï Yankoulov, lors de la procédure de sélection du procureur de district de Sofia. Yankoulov avait proposé de demander une enquête afin de déterminer si le seul candidat en lice, Marin Malchev, avait entretenu des contacts informels avec Martin Bojanov, un notaire assassiné.
Le ministre avait exprimé ses préoccupations, déclarant :
« Je ne fais aucune suggestion à ce sujet. Mais vous savez très bien qu’il s’agit d’une affaire chargée d’énormes tensions publiques. (…) L’intégrité de tout chef administratif devrait être d’une importance capitale dans sa nomination. »
Andreï Yankoulov, ministre de la Justice par intérim
Il avait suggéré au collège de reporter sa décision en attendant un rapport sur les éventuels liens entre Malchev et Bojanov.
Cette proposition a suscité l’indignation des membres du collège, qui ont immédiatement rétorqué que la question relevait de la compétence du ministère de l’Intérieur et que Malchev avait déjà passé avec succès tous les contrôles requis. Ils ont qualifié la proposition du ministre de « sans fondement et dénuée de sens » avant de rejeter unanimement sa demande et de nommer Marin Malchev à la tête du plus grand parquet du pays.
Des interrogations concernant le notaire Martin Bojanov et la légitimité de Borislav Sarafov, procureur général, avaient déjà été soulevées avant l’audience de confirmation de Malchev. L’Institut bulgare d’initiatives juridiques (BIPI) a notamment posé des questions sur les réseaux d’influence de Bojanov au sein du système judiciaire et, plus particulièrement, au sein du bureau du procureur. Le candidat Malchev a soumis des réponses écrites lundi.
Interrogé sur les mesures prises par le parquet pour faire la lumière sur les circonstances entourant l’assassinat de Bojanov et sur l’existence d’une éventuelle protection accordée à son entourage, Malchev a affirmé que toutes les procédures légales avaient été suivies et a rejeté l’idée d’un « parapluie » protégeant le groupe de Bojanov. Il a souligné que seule une enquête achevée et une décision de justice pourraient apporter une réponse définitive à cette question. L’enquête sur les réseaux du notaire est actuellement menée par le parquet de la ville de Sofia, qui a vu un nouveau chef nommé la semaine dernière.
Concernant les accusations portées contre Andrey Yankulov pour des liens avec l’association d’Ivaylo Kalushev, Malchev a déclaré :
« Toutes sortes de choses circulent et il y a très souvent peu de vérité dans ces allégations. »
Malchev a également été interrogé sur son éventuelle audition par le procureur Yordan Petrov dans l’affaire du « Notaire » et sur son témoignage concernant ses relations étroites avec Bojanov, ainsi que sur sa propre connaissance du notaire. Il a nié avoir été interrogé par Petrov et a jugé « totalement inacceptable » toute suggestion concernant son prétendu témoignage.
Quant à la question de la légitimité de Sarafov, Malchev a affirmé que Sarafov occupait son poste en vertu d’une décision du Collège des procureurs du SJC, un organe légitime, et que cette légitimité subsistait tant que cette décision n’était pas annulée par une décision de justice. Il n’a pas fait référence aux décisions de la Cour suprême de cassation qui indiquent que Sarafov n’a plus aucune légitimité à exercer ses fonctions depuis le 21 juillet.
Malchev est actuellement procureur de district par intérim et était auparavant procureur adjoint du district de Sofia. Il est également membre du conseil d’administration de l’Association des procureurs de Bulgarie, qui soutient actuellement Sarafov. Récemment, la présidente de l’association, Elitsa Kalpachka, a été nommée procureur du district de Blagoevgrad.
Par ailleurs, à la veille de la séance plénière du Conseil, convoquée par Yankoulov, le Conseil judiciaire suprême a annoncé aux médias qu’il n’y avait plus de place pour eux dans son bâtiment. La salle réservée aux journalistes, équipée de postes de travail et d’écrans de diffusion, a été transformée en bureaux pour les greffiers. Les réunions sont diffusées en ligne, conformément à la loi, mais l’accès physique à la salle de réunion est désormais interdit aux journalistes. Les questions de Sega concernant l’accès des journalistes aux réunions en temps réel sont restées sans réponse.
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