Publié le 26 février 2026 07:34:00. Une nouvelle analyse d’études internationales suggère que l’aspirine, bien que potentiellement bénéfique pour réduire les nouveaux cas de cancer colorectal à long terme, comporte des risques significatifs d’hémorragie cérébrale et ne modifie probablement pas le nombre total d’effets secondaires graves.
- L’aspirine ne semble pas influencer le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal après 5 à 15 ans de prise régulière.
- Après 15 ans, l’aspirine pourrait réduire l’incidence du cancer colorectal, mais les données restent incertaines.
- La prise d’aspirine peut légèrement augmenter le risque de décès liés au cancer colorectal dans un premier temps, avant de potentiellement le réduire après 15 ans ou plus, bien que ce résultat ne soit pas confirmé.
Des chercheurs ont examiné les données de près de 125 000 participants à des essais cliniques menés principalement en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Ces études, qui ont suivi les participants sur une période variable, visaient à évaluer l’efficacité de l’aspirine et d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans la prévention du cancer colorectal (CCR) et des adénomes colorectaux (ARC), des lésions précancéreuses.
Le cancer colorectal est une maladie fréquente et grave. La chimioprévention, qui consiste à utiliser des médicaments pour réduire le risque de développer cette maladie, est un domaine de recherche actif. Les AINS, tels que l’aspirine et l’ibuprofène, ont été étudiés en raison de leur capacité à réduire l’inflammation, un facteur potentiellement impliqué dans le développement des tumeurs.
L’analyse a révélé que l’aspirine n’a probablement pas d’effet significatif sur le nombre de nouveaux cas de CCR après 5 à 15 ans de suivi. Cependant, une réduction du nombre de nouveaux cas pourrait être observée après une prise prolongée de 15 ans ou plus, bien que les chercheurs soulignent qu’il est difficile d’être catégorique à ce sujet.
Concernant la mortalité, l’aspirine pourrait légèrement augmenter le nombre de décès liés au cancer colorectal dans les 5 à 10 premières années, potentiellement en accélérant la croissance de cancers déjà présents. Après 15 ans ou plus, une réduction de la mortalité est envisageable, mais là encore, les preuves ne sont pas concluantes.
En ce qui concerne les effets secondaires, l’étude indique que l’aspirine ne modifie probablement pas le nombre total d’événements indésirables graves. Cependant, elle augmente significativement le risque d’hémorragie extracrânienne (saignement à l’extérieur du crâne) et d’accident vasculaire cérébral hémorragique (saignement dans ou autour du cerveau).
Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les effets à long terme de l’aspirine et explorer le potentiel d’autres médicaments anti-inflammatoires dans la prévention du cancer colorectal. Ils soulignent que la confiance dans certaines conclusions est limitée en raison du nombre insuffisant d’études, de la possibilité que les participants aient connaissance du traitement qu’ils recevaient, et du manque d’informations complètes dans certaines études.
Ces conclusions sont basées sur des données disponibles jusqu’en mars 2025.
Pour plus d’informations sur le cancer colorectal, vous pouvez consulter Planète Santé.
Une étude récente de l’Observatoire de la prévention de l’Institut de Cardiologie de Montréal, publiée le 25 février 2026, met en garde contre l’utilisation de la faible dose d’aspirine en prévention primaire chez les personnes de 60 ans et plus, soulignant l’absence de bénéfice cardiovasculaire et l’augmentation du risque de saignements gastro-intestinaux et de certains cancers. Lien vers l’étude de l’Observatoire de la prévention.
Une étude menée en France, et rapportée par Doctissimo, suggère que l’aspirine pourrait réduire de 55 % le risque de métastases du cancer colorectal chez certains patients. Plus d’informations sur Doctissimo.