Publié le 26 février 2026 14h43. Des troubles du sommeil, tels que l’insomnie ou l’apnée du sommeil, pourraient être un facteur modifiable important dans l’infertilité masculine, selon une revue scientifique récente. Des perturbations du sommeil peuvent affecter la qualité du sperme par des mécanismes hormonaux, métaboliques et épigénétiques.
L’infertilité masculine représente près de la moitié des cas d’infertilité dans le monde, mais l’impact du sommeil reste souvent négligé dans les bilans de fertilité. Une analyse approfondie des études épidémiologiques, expérimentales et cliniques révèle un lien significatif entre les troubles du sommeil et une diminution de la qualité du sperme, des déséquilibres hormonaux et des dommages à l’ADN des spermatozoïdes.
Plusieurs études de population ont systématiquement mis en évidence une corrélation entre une durée de sommeil anormale, une mauvaise qualité du sommeil et le travail posté, d’une part, et une concentration, une motilité et une morphologie inférieures des spermatozoïdes, d’autre part. L’apnée obstructive du sommeil (AOS), en particulier, est associée à l’hypogonadisme (diminution de la production de testostérone), à la dysfonction érectile et à un risque accru d’infertilité. Une AOS non traitée peut amplifier le stress oxydatif et l’inflammation dans les testicules.
Les chercheurs décrivent un mécanisme physiopathologique unifié où les troubles du sommeil déclenchent une production excessive d’espèces réactives de l’oxygène, une inflammation chronique et un dysfonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Le désalignement circadien, c’est-à-dire un décalage entre l’horloge biologique interne et l’environnement extérieur, peut également modifier la programmation épigénétique des spermatozoïdes, avec des conséquences potentielles sur la reproduction intergénérationnelle.
Cette revue souligne que les troubles du sommeil constituent un facteur de risque modifiable pour l’infertilité masculine et devraient être systématiquement évalués lors des bilans de fertilité, en particulier chez les hommes présentant une infertilité inexpliquée, des comorbidités métaboliques ou une réponse insatisfaisante aux techniques de procréation assistée.
Les interventions potentielles incluent la prise en charge des voies respiratoires pour l’AOS, la restauration du rythme circadien, la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie, la supplémentation antioxydante et l’optimisation métabolique. Des approches telles que la thérapie par pression positive continue des voies respiratoires (PPC) et la correction circadienne basée sur le mode de vie ont montré des améliorations des niveaux de testostérone et des paramètres spermatiques, bien que les preuves concernant les résultats en matière de fertilité restent variables.
Les chercheurs concluent que l’intégration de l’évaluation du sommeil dans la prise en charge andrologique de précision pourrait permettre une meilleure stratification des risques et des interventions plus précoces et plus ciblées. Ils appellent à des études longitudinales pour identifier les sous-groupes de patients qui pourraient bénéficier le plus des thérapies axées sur le sommeil, ainsi qu’à une collaboration accrue entre les spécialistes du sommeil et les spécialistes de la reproduction pour aborder ce déterminant souvent négligé de la fertilité masculine. Source : Andrologie