Home Santé Des chercheurs révèlent pourquoi les SuperAgers conservent les signatures des cellules cérébrales juvéniles jusqu’à 80 ans

Des chercheurs révèlent pourquoi les SuperAgers conservent les signatures des cellules cérébrales juvéniles jusqu’à 80 ans

0 comments 43 views

Publié le 27 février 2026 à 01h38. Une nouvelle étude révèle comment la régulation épigénétique des cellules souches neurales et des neurones immatures dans l’hippocampe pourrait influencer le déclin cognitif lié à l’âge ou, au contraire, favoriser une résilience cognitive remarquable.

  • L’étude a permis de cartographier la neurogenèse dans l’hippocampe humain en fonction de l’âge et en présence de la maladie d’Alzheimer.
  • Des altérations de l’accessibilité de la chromatine pourraient être des marqueurs plus fiables des trajectoires cognitives liées au vieillissement que les seuls changements d’expression génique.
  • Les « Super-Vieux » (personnes de plus de 80 ans conservant une mémoire vive) présentent des signatures moléculaires distinctes, notamment une meilleure préservation des neurones immatures.

Des chercheurs ont analysé des noyaux de cellules provenant d’hippocampes post-mortem pour comprendre les mécanismes moléculaires de la neurogenèse – la création de nouveaux neurones – chez l’humain. Cette étude, publiée dans la revue Nature, apporte un éclairage nouveau sur les processus qui sous-tendent le vieillissement cognitif et la maladie d’Alzheimer.

Contrairement à ce qui est observé chez les rongeurs, où la neurogenèse hippocampique joue un rôle crucial dans la mémoire et l’apprentissage, le sort de ce processus chez l’humain est resté longtemps incertain. Si la présence de neurones immatures dans le cerveau adulte a été confirmée, leur pertinence fonctionnelle pour la cognition humaine demeurait à établir.

L’équipe de recherche a utilisé une technique de profilage multi-omique à noyau unique, combinant l’analyse de l’accessibilité de la chromatine (snATAC-seq) et le séquençage de l’ARN mononucléaire (snRNA-seq) sur près de 86 000 noyaux d’hippocampes de jeunes adultes, de personnes âgées en bonne santé, de patients atteints de la maladie d’Alzheimer et de personnes présentant des signes précoces de la maladie. Ils ont également inclus un groupe de « Super-Vieux », des individus de plus de 80 ans dont les capacités mnésiques restent exceptionnelles.

Les résultats ont révélé que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et ceux présentant des signes précliniques de la maladie avaient un nombre significativement plus élevé de cellules souches neurales (CSN) que les personnes âgées en bonne santé. Cependant, ils présentaient moins de neurones et de neuroblastes immatures. L’étude a également mis en évidence des modifications importantes de l’accessibilité de la chromatine, qui semblent précéder les changements d’expression génique et pourraient donc être des indicateurs plus précoces des trajectoires cognitives.

De manière particulièrement intéressante, les « Super-Vieux » se distinguaient par un nombre plus élevé de neurones immatures et une signature d’accessibilité de la chromatine préservée, suggérant une résilience cognitive liée à la capacité de maintenir la neurogenèse. L’intégrité des synapses excitatrices et les interactions entre les astrocytes et les neurones pyramidaux du cortex cérébral semblent également jouer un rôle clé dans ce vieillissement réussi.

Ces découvertes ouvrent des perspectives pour le développement de stratégies thérapeutiques visant à préserver la fonction cognitive au cours du vieillissement et à retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats et établir des liens de causalité entre les mécanismes moléculaires identifiés et les performances cognitives.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.