L’œuvre d’Elizabeth Allen, artiste textile dont la reconnaissance fut aussi fulgurante qu’éphémère, fait l’objet d’une redécouverte majeure, notamment à travers une exposition au musée Compton Verney, dans le Warwickshire.
L’ascension de l’artiste a débuté de manière spectaculaire durant l’hiver 1965. Alors qu’elle était octogénaire, Elizabeth Allen est propulsée sur le devant de la scène artistique suite à sa rencontre avec le peintre Patrick Heron. En un instant, elle est célébrée comme une figure majeure du monde de l’art, et ses créations sont exposées à travers le Royaume-Uni, ainsi qu’à New York, Los Angeles et Barcelone.
« une coloriste remarquable »
The Guardian
Le quotidien The Guardian a d’ailleurs ajouté que :
« Klee et Matisse auraient sans doute été impressionnés »
The Guardian
Ce succès international contrastait radicalement avec l’existence modeste de l’artiste. Issue d’une fratrie de 17 enfants, Elizabeth Allen avait consacré sa vie aux travaux d’aiguille tout en vivant dans l’obscurité la plus totale. Elle résidait dans une cabane délabrée, située au bout d’un chemin escarpé et boueux, où un panneau apposé sur la porte invitait les visiteurs à « frapper très fort ».
L’œuvre de l’artiste explore des thématiques diverses, allant de représentations de pieds géants en Afrique à la « femme déchue » de Babylone. Parmi ses pièces, The Great Swan Song, réalisée en 1966, illustre la surprise de l’artiste face à cette célébrité soudaine. Cette œuvre textile met en scène un oiseau noir aux yeux rouges, observant un ciel vermillon depuis un étang bleu cobalt bordé d’arbres aux feuilles brunes. Un fragment de tissu à rayures vert vif semble y représenter la hutte où vivait Allen.