Publié le 14 février 2026 à 22h07. Lors de la Berlinale, des représentants du Sénégal et de la France ont discuté de moyens de renforcer la collaboration cinématographique, notamment pour protéger les artistes face aux défis posés par l’intelligence artificielle et moderniser les accords de coproduction.
- Le Sénégal souhaite revoir les termes des accords de coproduction avec la France pour assurer une meilleure visibilité et une répartition plus équitable des droits pour ses cinéastes.
- La modernisation des plateformes et la protection des créateurs contre les menaces de l’intelligence artificielle sont au cœur des préoccupations sénégalaises.
- Un séminaire intergouvernemental sur la culture et le cinéma entre le Sénégal et la France est prévu en mars prochain.
En marge du Festival de Berlin, le secrétaire d’État sénégalais à la Culture, aux industries créatives et au Patrimoine historique, Bakar Sarr, a rencontré les responsables d’UniFrance, l’organisme chargé de promouvoir le cinéma français à l’international. Cette rencontre a permis d’aborder plusieurs enjeux cruciaux pour le développement du cinéma sénégalais et la coopération franco-sénégalaise.
M. Sarr a souligné la nécessité de garantir que les jeunes cinéastes, producteurs et distributeurs sénégalais puissent atteindre des standards internationaux grâce à une formation adéquate.
« Nous allons faire en sorte que dans les contrats que nous signerons, les jeunes, les acteurs, producteurs et distributeurs puissent atteindre les standards internationaux avec des compétences modernes afin d’accroître leur potentiel et mieux exceller dans l’art. »
Bakar Sarr, Secrétaire d’État sénégalais à la Culture, aux industries créatives et au Patrimoine historique
Il a également insisté sur l’importance de valoriser le savoir-faire, les valeurs et les paysages sénégalais à travers le cinéma, afin d’accroître la présence du pays sur la scène mondiale.
Un point central des discussions a été la révision des accords de coproduction existants. M. Sarr a exprimé des préoccupations concernant les déséquilibres observés dans certains contrats, qui peuvent nuire à la visibilité et aux revenus des cinéastes sénégalais.
« Certains contrats de coproduction mal négociés créent beaucoup de difficultés. Nos réalisateurs, nos créateurs perdent en visibilité et souvent leurs produits. D’énormes soucis se posent également dans le partage des droits. »
Bakar Sarr, Secrétaire d’État sénégalais à la Culture, aux industries créatives et au Patrimoine historique
Il a annoncé l’examen des cadres réglementaires afin d’apporter les corrections nécessaires.
Le directeur de la cinématographie nationale, Germain Coly, a mis l’accent sur l’importance du partage d’expertise, de la définition claire des parts pour chaque partie et de la formation continue des cinéastes. Il a également annoncé l’organisation d’un séminaire intergouvernemental sur la culture et le cinéma entre le Sénégal et la France en mars prochain.
Alioune Kéba Badiane, secrétaire permanent du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, a plaidé pour une redynamisation du cinéma local grâce à la collaboration franco-sénégalaise, avec un déploiement des instituts dans les régions du pays, à l’image de ceux déjà présents à Dakar, Saint-Louis, Ziguinchor et Kaolack.
Les accords de coproduction entre le Sénégal et la France avaient été réactualisés en mai 2022. Cette nouvelle série de discussions vise à consolider cette coopération et à répondre aux défis émergents, notamment ceux liés à l’essor de l’intelligence artificielle et à la nécessité de protéger les droits des créateurs.
M. Sarr a souligné l’urgence de moderniser les plateformes et de se prémunir contre les dangers de l’intelligence artificielle, qui menace les productions et les acteurs. Il a également insisté sur la nécessité de négocier des contrats mutuellement bénéfiques pour éviter que les grandes firmes étrangères ne phagocytent le cinéma sénégalais.