Publié le 10 février 2026. Face à une population vieillissante et à une demande croissante de crémations, la Banque de Corée propose des solutions innovantes pour pallier la pénurie d’infrastructures funéraires, notamment l’installation de petits crématoriums au sein des hôpitaux.
- La population sud-coréenne en fin de vie devrait atteindre 639 000 personnes en 2050, nécessitant une adaptation rapide des services funéraires.
- Le taux de crémation a fortement augmenté, passant de 33,5 % en 2000 à 94,0 % en 2024, mettant à rude épreuve les capacités des crématoriums existants.
- La Banque de Corée suggère de réviser les réglementations pour permettre l’installation de crématoriums à petite échelle dans les hôpitaux, une solution qui pourrait désengorger le système et réduire les coûts.
La pression sur les infrastructures funéraires en Corée du Sud s’intensifie. Selon une note de la Banque de Corée (BOK) intitulée « Société super vieillie et revitalisation des industries essentielles en fin de vie », le nombre de personnes nécessitant des soins palliatifs et une préparation à la mort devrait plus que doubler d’ici 2050, passant de 292 000 en 2025 à 639 000. Cette augmentation démographique s’accompagne d’une évolution des pratiques funéraires, avec une préférence croissante pour la crémation.
En 2024, le taux de crémation a atteint 94,0 %, contre seulement 33,5 % en 2000. Or, l’offre de crématoriums ne suit pas cette demande en hausse, entraînant des délais d’attente parfois considérables. Des cas de personnes devant attendre plus de trois jours avant de pouvoir organiser les funérailles en raison du manque de places se multiplient. La pandémie de COVID-19 a temporairement perturbé ce rythme, avec un taux de crémation au troisième jour passant de 86,2 % en 2019 à 73,6 % en 2022, mais il ne s’est pas encore rétabli complètement (75,5 % en 2025).
Les disparités régionales sont particulièrement marquées. Séoul est confrontée à une pénurie aiguë de crématoriums, avec une capacité d’exploitation inférieure de 11,7 % à la demande en 2024. À l’inverse, la province de Jeonbuk dispose d’une capacité excédentaire de 116,2 %. La Banque de Corée explique ces différences par le coût élevé de l’immobilier dans les grandes villes et par le phénomène NIMBY (« Not In My Backyard » – « Pas dans mon jardin »), qui entrave l’implantation de crématoriums en raison de l’opposition des riverains.
L’étude de la BOK révèle que la probabilité d’installer un crématorium augmente de 7,4 % lorsque le nombre d’élections par zone diminue de 10 %. En d’autres termes, les considérations politiques locales peuvent freiner le développement des infrastructures funéraires, au détriment de l’intérêt général. La Banque de Corée souligne que cette situation crée un « effet boomerang », où les habitants finissent par subir les conséquences de ce manque d’anticipation.
Pour résoudre ce problème, la Banque de Corée propose une approche innovante : l’installation de petits crématoriums au sein des hôpitaux.
« Les salons funéraires hospitaliers peuvent offrir des avantages supplémentaires aux usagers grâce à des liens avec les établissements médicaux, tels que des réductions des coûts de soins »,
Banque de Corée
et l’infrastructure hospitalière étant déjà répartie sur l’ensemble du territoire, cette solution permettrait une meilleure répartition géographique des services de crémation. Pour mettre en œuvre cette solution, il serait nécessaire de modifier la législation, notamment la loi sur les services médicaux, afin de permettre aux hôpitaux d’exercer cette activité.
Lee Dong-won, directeur du département de recherche sur les microsystèmes à l’Institut de recherche économique de la Banque de Corée, insiste sur le fait que
« Grâce aux technologies modernes, les crématoriums peuvent être exploités de manière respectueuse de l’environnement »
Lee Dong-won, directeur du département de recherche sur les microsystèmes à l’Institut de recherche économique de la Banque de Corée
et qu’il est donc nécessaire de réviser les réglementations basées sur des technologies obsolètes.
La Banque de Corée suggère également de mettre en place des mécanismes de financement pour alléger la charge financière des usagers, tels que des systèmes d’épargne anticipée ou des liens avec les régimes de retraite à domicile. L’objectif est de garantir un accès équitable aux services funéraires, en tenant compte des disparités économiques et géographiques.