L’actrice emblématique Diane Keaton, figure marquante du cinéma américain, nous a quittés subitement en Californie à l’âge de 79 ans. La nouvelle, relayée en exclusivité par l’hebdomadaire People, n’a pas encore été explicitement commentée par sa famille, qui a sobrement confirmé le décès tout en sollicitant le respect de sa vie privée. Les causes de sa disparition restent à ce jour inconnues.
Reconnue pour sa personnalité excentrique, son intelligence vive et son talent indéniable, Diane Keaton était une véritable icône de style, de charisme et d’indépendance intellectuelle. Son rôle inoubliable dans « Annie Hall » (1977), aux côtés de Woody Allen, l’a propulsée sur le devant de la scène et lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice en 1978. Ce film a marqué le début d’une collaboration artistique et sentimentale prolifique avec le réalisateur, donnant naissance à sept œuvres marquantes : « Play It Again, Sam » (1972), « Sleeper » (1973), « Love and Death » (1975), « Radio Days » (1987), « Interiors » (1978), « Manhattan » (1979) et « Manhattan Murder Mystery » (1993).
Son personnage d’Annie Hall, à la fois intelligent, ironique et vulnérable, a révolutionné l’image de la femme au cinéma. Grâce à un look androgyne audacieux, elle a influencé des générations et brisé les stéréotypes de la muse féminine « passive ». Diane Keaton a ainsi contribué à transformer la perception des actrices à Hollywood, offrant une nouvelle vision des femmes qui refusaient les clichés. Elle avouait d’ailleurs s’être inspirée de Katherine Hepburn, symbole de force et de raffinement au style androgyne et rebelle.
Au-delà de sa relation emblématique avec Woody Allen, la carrière de Diane Keaton est jalonnée de collaborations prestigieuses. Elle a marqué les esprits dans « Le Parrain » et « Le Parrain, partie II » de Francis Ford Coppola, incarnant Kay Adams. On la retrouve également dans des films tels que « À la recherche de M. Goodbar » de Richard Brooks, « Reds » de Warren Beatty, « Kiss the Girls » d’Alan Parker, « Father of the Bride » de Nancy Meyers (en duo avec Jack Nicholson), « Homecoming » de Lawrence Kasdan ou encore « Meet the Parents » de Jay Roach. Son dernier rôle à l’écran remonte à 2024, dans « Summer Camp » de Castilel Brandon.
L’actrice s’est aussi illustrée en Italie en 2016, aux côtés de Jude Law dans la série de Paolo Sorrentino « The Young Pope ». Elle y interprétait Sœur Mary, une religieuse qui devient une figure de référence émotionnelle et spirituelle pour le premier pape américain, Lanny Belardo.
Capable de passer avec aisance de la comédie au drame, Diane Keaton a également exploré la réalisation. Elle a dirigé des épisodes de séries télévisées, comme « Esclaves et maîtres » dans « Twin Peaks », ainsi que plusieurs films : « Paradise » (1987), « Wildflower » (1991), « Heroes of Everyday » (1995), « Mother’s Helper » (1999) et « Call Waiting » (2000). Elle a également réalisé des clips vidéo pour la chanteuse Belinda Carlisle.
Née Diane Hall à Los Angeles le 5 janvier 1946, elle a décidé de devenir comédienne après avoir vu sa mère gagner un concours de beauté. Ce succès l’a inspirée à monter sur scène. Ses débuts se font au théâtre, notamment dans la comédie musicale « Hair » à Broadway. Pour ses débuts cinématographiques, son agent lui conseille de prendre le nom de « Keaton » pour suggérer une parenté avec le célèbre Buster Keaton. Ses premiers pas au cinéma datent de 1970 avec « Lovers and Other Strangers » de Cy Howard.
Warren Beatty, qui l’avait dirigée dans « Reds » et avec qui elle a eu une relation après sa séparation d’avec Woody Allen, louait sa méthode de travail : « Elle aborde le scénario presque comme si elle jouait une pièce dont elle mémorise tout le scénario avant même le tournage, je ne connais aucun autre acteur qui travaille comme ça. » Malgré la fin de leur idylle, le lien professionnel entre Diane Keaton et Woody Allen est resté exceptionnel. Le réalisateur l’a d’ailleurs qualifiée de « plus grand amour de ma vie ».
Cinq ans auparavant, Diane Keaton avait publié un livre intime et poignant, « Brother and Sister – une histoire vraie », consacré à son frère Randy. Elle y évoquait leur enfance et sa culpabilité de l’avoir négligé dans sa quête de succès. L’actrice a également signé plusieurs ouvrages de mémoires, des recueils photographiques et des essais sur la restauration architecturale, une passion qui l’a amenée à se consacrer à la sauvegarde de maisons historiques en Californie.
Malgré ses relations amoureuses marquantes, Diane Keaton n’a jamais été mariée. Elle confiait dans une interview : « Je n’ai jamais voulu partager éternellement mon quotidien avec un homme. » Elle a cependant choisi la maternité en adoptant deux fils : Dexter en 1995 et Duke en 2000. L’actrice, toujours pleine d’esprit, déclarait : « Vieillir est quelque chose qui vous arrive pendant que vous vivez votre vie », et ajoutait avec humour : « la jeunesse ne me manque pas du tout. Ce qui me manque, c’est d’avoir un cou sans rides. » En 2021, elle a accepté de participer au clip de la chanson « Ghost » de Justin Bieber, prouvant ainsi son attachement à la jeunesse de cœur.