Publié le 11 février 2024 14:35. L’Allemagne tire la sonnette d’alarme face à une Russie de plus en plus agressive en mer Baltique, tout en soulignant une amélioration de sa propre capacité de réaction face aux potentielles actions de sabotage.
- Le vice-amiral Jan Christian Kaack, inspecteur de la marine allemande, met en garde contre une menace russe croissante en mer, notamment en mer Baltique.
- Les délais de réaction de la marine allemande face à des incidents suspects ont été considérablement réduits, passant de 17 heures à une heure.
- Des retards importants affectent la livraison de nouvelles frégates, obligeant l’Allemagne à envisager des solutions provisoires pour renforcer sa présence navale.
La Russie renforce ses capacités militaires et son agressivité en mer, particulièrement en mer Baltique, a alerté le vice-amiral Jan Christian Kaack dans une interview au Süddeutsche Zeitung. Les forces armées russes, déjà engagées dans le conflit en Ukraine, testent quotidiennement leurs capacités et multiplient les démonstrations de force. Selon l’inspecteur naval, on observe une augmentation des vols russes à basse altitude près des navires de l’OTAN et des manœuvres plus agressives.
« La menace est réelle et loin d’être statique. »
Jan Christian Kaack, vice-amiral et inspecteur de la marine allemande
Cette intensification des activités russes est source d’inquiétude, car elle augmente le risque d’escalade accidentelle. Les commandants allemands sont formés pour gérer ces situations délicates, et des règles de conduite strictes sont en place. Des exercices de simulation militaire sont régulièrement organisés pour préparer les équipages à réagir efficacement.
L’Allemagne salue l’opération « Baltic Sentry » de l’OTAN, lancée il y a un an pour protéger les pipelines et les câbles sous-marins en mer Baltique. Cette initiative fait suite à des actes de sabotage répétés, notamment des navires liés à la Russie qui auraient perdu leurs ancres et endommagé des infrastructures sous-marines.
Grâce à des améliorations significatives, la marine allemande a considérablement réduit son temps de réaction face à des événements suspects. Ce délai est passé de 17 heures à une heure, permettant une intervention plus rapide et potentiellement dissuasive.
Malgré ces progrès, le vice-amiral Kaack souligne un problème majeur : le manque de personnel au sein de la marine allemande.
« Le plus gros déficit, c’est que nous n’avons pas assez de monde. »
Jan Christian Kaack, vice-amiral et inspecteur de la marine allemande
Bien qu’un léger regain d’intérêt ait été constaté ces dernières années, il reste insuffisant. L’Allemagne mise sur le nouveau service militaire volontaire, espérant un afflux de recrues à partir de 2026.
Parallèlement, des difficultés persistent concernant l’approvisionnement en matériel. La livraison de la frégate F126, un projet d’armement central pour la marine allemande d’une valeur potentielle de dix milliards d’euros, est retardée d’au moins trois ans, son arrivée étant désormais prévue en 2031 au lieu de 2028. En attendant, l’acquisition rapide de frégates MEKO-A200 est envisagée comme solution provisoire. Le vice-amiral Kaack se montre pragmatique : l’important est de disposer rapidement d’unités opérationnelles.
« J’ai besoin d’acier dans l’eau pour accomplir ma mission. »
Jan Christian Kaack, vice-amiral et inspecteur de la marine allemande