Publié le 23 février 2026 à 15h37. Un puissant groupe de pression représentant Google et Meta dénonce les projets australiens visant à imposer une contribution financière aux géants du numérique pour soutenir la presse locale, les qualifiant de « taxe » potentiellement incompatible avec l’accord de libre-échange entre l’Australie et les États-Unis.
Le Conseil national du commerce extérieur (National Foreign Trade Council) a soumis en décembre une analyse au Trésor australien, remettant en question la légalité de cette initiative. Cette intervention intervient alors que l’administration Trump renforce sa position sur le commerce mondial et que l’Australie cherche à obtenir des exemptions aux nouveaux tarifs douaniers américains, qui pourraient passer de 10 % à 15 %.
Selon le groupe de pression, l’« Incitation à la négociation des actualités » (News Bargaining Incentive) pourrait violer les termes de l’accord commercial bilatéral. Meta, la société mère de Facebook et Instagram, a déjà annoncé qu’elle ne renouvellera pas ses accords de paiement avec les médias australiens, créant ainsi une situation de tension avec les autorités.
Le gouvernement australien, dirigé par Anthony Albanese, défend sa politique en affirmant qu’elle est conforme à ses obligations internationales et vise à compenser les pertes financières subies par les médias locaux en raison de la domination des plateformes numériques. Il souligne que les géants du numérique bénéficient considérablement du marché australien et qu’ils ont une responsabilité sociale et économique de soutenir le journalisme de qualité.
L’administration Trump a par le passé menacé d’enquêter sur les pays imposant des « taxes discriminatoires ou extraterritoriales » aux entreprises américaines. En Europe, le président français Emmanuel Macron a reconnu la perspective d’une confrontation avec les États-Unis concernant la réglementation des plateformes numériques par l’Union européenne.
La nouvelle politique australienne, qui pourrait concerner Google, Meta, TikTok et d’autres plateformes, prévoit une redevance que les entreprises concernées pourront compenser en concluant des accords commerciaux avec les médias. Les entreprises dépassant un seuil de revenus de 250 millions de dollars australiens (environ 160 millions de dollars américains) seront concernées, qu’elles parviennent ou non à un accord avec les éditeurs.
Selon les informations disponibles, Google a généré 1,98 milliard de dollars australiens de revenus locaux en 2024 et a versé 83 millions de dollars australiens d’impôts sur le revenu. Meta, quant à elle, a affiché un chiffre d’affaires de 1,46 milliard de dollars australiens et a payé 44 millions de dollars australiens d’impôts. Meta a déclaré qu’elle s’inquiétait de l’idée de « faire payer une industrie pour en subventionner une autre ». L’entreprise s’est d’ailleurs retirée des accords de partage de revenus conclus en 2021, ce qui a entraîné des suppressions d’emplois dans le secteur des médias.
Le ministre du Commerce australien, Don Farrell, se rend actuellement aux États-Unis pour rencontrer des responsables américains et tenter de trouver un accord sur les tarifs douaniers. La situation reste délicate, et l’issue de ces négociations pourrait avoir des conséquences importantes pour l’avenir du financement des médias en Australie.