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Le rôle des infirmières dans l’approche des discussions sur le poids et le mode de vie

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Publié le 23 février 2026. Les infirmières des soins primaires jouent un rôle essentiel dans la prise en charge de l’obésité, en particulier en adoptant une communication empathique et en tenant compte des facteurs individuels de chaque patient, selon une experte.

Une approche sensible et personnalisée est cruciale pour aborder le sujet du poids avec les patients, soulignent les professionnels de la santé. Wendie Smith, infirmière praticienne avancée et infirmière spécialiste principale en obésité, a partagé des conseils pratiques avec des centaines de ses pairs lors d’un événement virtuel organisé par Nursing in Practice 365 le 11 février 2026.

« Les infirmières jouent un rôle crucial dans la lutte contre l’obésité », a déclaré Mme Smith. « Mais pour y parvenir efficacement, il faut une communication sensible, une véritable compréhension de la situation individuelle des patients et une conscience des barrières culturelles et personnelles qui peuvent façonner la relation d’un patient avec son poids. »

L’intervention de Mme Smith s’est concentrée sur l’application pratique des recommandations du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) en matière de gestion du poids, les limites de l’indice de masse corporelle (IMC), et l’utilisation du cadre des « Trois A » (demander, conseiller, aider) pour aborder le sujet du poids de manière appropriée lors des consultations. L’importance d’une communication empathique et sans jugement avec les patients a également été soulignée, ainsi que la gestion du poids dans le contexte du diabète de type 2.

L’obésité est le facteur de risque le plus important de développement du diabète de type 2, quel que soit l’âge. Avec près des deux tiers des adultes britanniques en surpoids ou obèses, le défi pour les professionnels de la santé ne cesse de croître. Cependant, plusieurs études cliniques ont démontré qu’une perte de poids soutenue – même de 5 à 10 % – peut améliorer la glycémie, l’action de l’insuline et réduire le besoin de médicaments antidiabétiques.

Langage et stigmatisation

Mme Smith a insisté sur l’importance du langage et des approches de communication lorsqu’il s’agit de parler de poids. Elle a encouragé les infirmières à « apporter un soutien, communiquer avec empathie, [et] respecter les décisions des patients – et c’est essentiel dans la gestion de l’obésité, car c’est un sujet très, très difficile pour certaines personnes ». Elle a également conseillé de faire preuve de compréhension envers les patients qui pourraient être réticents à se faire peser ou à discuter de leur poids, tout en leur fournissant les outils et l’espace nécessaires pour exprimer leurs préoccupations.

« Nous devons penser à l’obésité comme étant évitable et traitable, et il est essentiel que nous visions une perte de poids de 5 % ou de 10 %, ce que nous devons faire, c’est encourager nos patients à y réfléchir, car le fait de s’y attaquer peut ouvrir la porte. »

Wendie Smith, infirmière praticienne avancée et infirmière spécialiste principale de l’obésité

L’Association européenne pour l’étude de l’obésité recommande d’utiliser un langage axé sur la personne, sans jugement ni stigmatisation, par exemple « personne vivant avec l’obésité » plutôt que « personne obèse ». Ce type de langage évite d’étiqueter les individus en fonction de leur état de santé et de définir leur identité par celui-ci. Le NICE suggère également aux professionnels de la santé d’identifier et de respecter les termes préférés par le patient.

« Demander, conseiller et aider »

Mme Smith a présenté l’approche « Demander, conseiller et aider » comme une méthode efficace pour engager une conversation sur le poids avec les patients. Cette approche, recommandée par Public Health England (aujourd’hui intégré à l’UKHSA et au DHSC), se décompose en trois étapes :

  • Demander la permission de discuter du poids, sans porter de jugement et en explorant la volonté du patient de changer.
  • Conseiller sur les avantages d’une perte de poids modeste et sur la manière dont elle peut être atteinte avec du soutien, en expliquant les services disponibles et en proposant des références.
  • Aider le patient à s’engager dans l’action et à établir un plan, en le référant au service convenu et en offrant un suivi.

Si le patient ne souhaite pas s’engager, il est important d’accepter ses choix et de reconnaître ses inquiétudes, tout en lui réaffirmant la possibilité d’un soutien ultérieur. Mme Smith a également suggéré de demander aux patients quel était leur poids lors de leur dernière pesée ou s’ils disposent d’une balance à domicile.

Il est essentiel de noter dans le dossier du patient la discussion et le suivi nécessaire.

Autres facteurs à considérer

« L’obésité est une maladie complexe aux causes multiples », a déclaré Mme Smith. « L’origine ethnique et la génétique jouent un rôle, mais les facteurs socio-économiques sont primordiaux. Si nous ne tenons pas compte du pouvoir d’achat des gens, nous ne faisons pas correctement notre travail. »

Pour les infirmières travaillant dans des zones défavorisées, il peut être utile de connaître les ressources locales – cours de cuisine, programmes d’exercices, coachs de santé – et d’adapter les conseils à la situation de chaque patient.

Mme Smith a ajouté qu’il est important de comprendre les causes et les risques potentiels de chaque personne et de l’aider à y remédier. Elle a suggéré de s’enquérir du poids de naissance du patient et des antécédents familiaux.

Agonistes des récepteurs GLP-1 : ne remplacent pas le soutien

Mme Smith a reconnu que les médicaments injectables contre l’obésité, tels que Wegovy et Mounjaro, pourraient transformer le traitement. Cependant, elle a souligné que ces médicaments ne suffisent pas à eux seuls. Bien que les agonistes des récepteurs GLP-1 soient efficaces pour supprimer l’appétit, ils ne s’attaquent pas aux comportements qui conduisent à la prise de poids. Un soutien global – comprenant des conseils diététiques et des programmes de changement de comportement – reste essentiel, et les infirmières y jouent un rôle clé.

Pour en savoir plus, consultez le site de Nursing in Practice 365 pour les prochains événements et formations.

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