Le monde du cinéma, du théâtre et de la télévision italiens est en deuil : l’acteur Paolo Bonacelli s’est éteint hier soir à Rome à l’âge de 88 ans. La triste nouvelle a été confirmée par son épouse.
Paolo Bonacelli, visage familier et profondément apprécié du public italien, a marqué de sa présence plus de quatre décennies de productions cinématographiques, théâtrales et télévisuelles. Né le 28 février 1937 à Civita Castellana, il avait débuté sa carrière sur les planches après avoir été diplômé de la prestigieuse Académie nationale des arts dramatiques de Rome.
Sa carrière fut jalonnée de collaborations avec des maîtres du cinéma italien et international. Il a ainsi travaillé avec des réalisateurs de renom tels que Pier Paolo Pasolini, Michelangelo Antonioni, Francesco Rosi, Liliana Cavani ou encore Roberto Benigni. Son parcours artistique l’a vu participer à plus de 120 films, tout en continuant à explorer les classiques sur scène jusqu’à ces dernières années, s’illustrant dans des rôles exigeants et marquants. Parmi ses prestations théâtrales notables, on peut citer ses interprétations dans La Mandragore de Machiavel (1996), Henri IV de Shakespeare (2007) et Le Malade imaginaire de Molière (2010).
Au cinéma, Paolo Bonacelli a laissé une empreinte indélébile à travers des rôles mémorables :
- Dans Salò ou les 120 journées de Sodome (1975), il campe le duc de Blangis, un rôle qui lui vaudra la Plaque Mario Gromo.
- Sa performance en Léonard de Vinci dans Non ci resta che piangere (1984) est devenue culte dans le paysage cinématographique italien.
- Le film Midnight Express (1978) d’Alan Parker, où il incarne le prisonnier Rifki, lui ouvre les portes d’une reconnaissance internationale.
- Dans Johnny Stecchino (1991), son interprétation de l’avocat D’Agata est associée à l’une des répliques les plus célèbres du film : « Un problème intolérable : la circulation ! ».
- Plus récemment, il a partagé l’affiche avec Tom Cruise dans Mission : Impossible III (2006), apportant son expérience au cinéma mondial.
Connu pour sa démarche artistique sobre et rigoureuse, Paolo Bonacelli privilégiait la profondeur et la cohérence des personnages à la facilité spectaculaire. Il exprimait sa philosophie avec ces mots : « Il n’y a rien de strictement personnel dans mes interprétations, j’essaie plutôt de comprendre ce que dit le personnage dans le texte. »