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Admission d’Instagram de Mark Zuckerberg dans un procès historique pour dépendance aux médias sociaux

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Publié le 18 février 2026 à 22h30. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a admis que son entreprise avait tardé à identifier les jeunes utilisateurs d’Instagram, au cours d’un procès historique qui examine si les réseaux sociaux sont conçus pour créer une dépendance chez les adolescents.

  • Mark Zuckerberg a reconnu que Meta aurait pu agir plus rapidement pour vérifier l’âge des utilisateurs d’Instagram.
  • Le PDG de Meta a défendu ses déclarations antérieures devant le Congrès, tout en étant confronté à des courriels internes suggérant un objectif d’augmentation du temps passé sur les plateformes.
  • Ce procès pourrait établir un précédent juridique majeur pour des milliers d’actions intentées contre les géants de la technologie, accusés d’aggraver les problèmes de santé mentale chez les jeunes.

Lors de son témoignage devant un jury californien, Mark Zuckerberg a concédé que Meta aurait pu mettre en place des mesures de vérification de l’âge plus tôt. Cette admission intervient dans le cadre d’une affaire qui cherche à déterminer si Instagram et d’autres réseaux sociaux sont intentionnellement conçus pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants.

Zuckerberg a fermement rejeté l’accusation selon laquelle Meta conçoit ses applications pour maximiser le temps d’utilisation, affirmant que ses précédentes déclarations devant le Congrès étaient exactes. Cependant, il a été confronté à des courriels datant de 2014 et 2015, dans lesquels il exprimait son désir d’augmenter significativement le temps passé par les utilisateurs sur les plateformes de l’entreprise.

« Si vous essayez de dire que mon témoignage n’était pas exact, je ne suis absolument pas d’accord avec cela. »

Mark Zuckerberg, PDG de Meta

Le dirigeant a nuancé en expliquant que l’approche de Meta en matière de temps d’utilisation avait évolué au fil des ans. Ce procès, estimé durer au moins six semaines, est considéré comme l’une des procédures judiciaires les plus importantes auxquelles l’industrie technologique est confrontée en raison de l’impact de ses plateformes sur la santé mentale des adolescents.

L’affaire est menée par Kaley GM, une jeune femme de 20 ans qui affirme que l’utilisation compulsive des réseaux sociaux, débutée dès l’âge de six ans avec YouTube, puis Instagram, TikTok et Snapchat, a alimenté sa dépression et ses pensées suicidaires. Elle accuse les entreprises de rechercher le profit en captivant les enfants, tout en étant conscientes des risques pour leur santé mentale.

Meta et Google ont nié ces accusations, soulignant leurs efforts pour améliorer la sécurité des utilisateurs. Meta a notamment mis en avant une étude de la National Academy of Sciences qui conclut que la recherche ne démontre pas de lien direct entre l’utilisation des réseaux sociaux et une détérioration de la santé mentale des enfants. L’avocat de Meta a également soutenu que les problèmes de santé de la plaignante provenaient d’une enfance difficile et que les réseaux sociaux lui offraient une forme d’évasion créative.

TikTok et Snapchat ont conclu des accords confidentiels avec la plaignante avant le début du procès. Adam Mosseri, responsable d’Instagram, a été le premier dirigeant de la Silicon Valley à témoigner, rejetant l’idée d’une « addiction » aux réseaux sociaux et préférant parler d’« usage problématique ».

« Je suis sûr d’avoir dit que c’était accro à une série Netflix quand je l’ai regardée tard dans la nuit, mais je ne pense pas que ce soit la même chose qu’une dépendance clinique. »

Adam Mosseri, responsable d’Instagram

Parallèlement à ce procès à Los Angeles, une affaire similaire est en cours devant un juge fédéral à Oakland, en Californie, qui pourrait déboucher sur un autre procès en 2026. Meta est également confrontée à une action en justice au Nouveau-Mexique, où les procureurs l’accusent de privilégier ses bénéfices à la protection des mineurs contre les prédateurs sexuels.

Ces procès s’inscrivent dans un contexte mondial de remise en question des plateformes de médias sociaux concernant leur impact sur la santé mentale des enfants. L’Australie a interdit l’accès aux réseaux sociaux aux utilisateurs de moins de 16 ans, et d’autres pays, comme l’Espagne, la France et la Grèce, envisagent des restrictions similaires. Aux États-Unis, la Floride a interdit aux entreprises d’autoriser l’accès aux utilisateurs de moins de 14 ans, une loi contestée devant les tribunaux par les associations professionnelles du secteur technologique.

Agences AFP et Reuters

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