Publié le 9 février 2026 00:03:00. La diplomate norvégienne Mona Juul a démissionné de son poste d’ambassadrice en Jordanie et en Irak suite à la révélation de liens avec le financier américain Jeffrey Epstein, impliqué dans des affaires de trafic sexuel. Cette affaire, qui éclabousse également d’autres personnalités norvégiennes de premier plan, relance le débat sur les réseaux et les fréquentations de l’entourage d’Epstein.
- Mona Juul a démissionné après l’ouverture d’une enquête sur ses liens avec Jeffrey Epstein.
- Ses enfants sont désignés comme bénéficiaires dans le testament d’Epstein, pour un montant total de 8,5 millions d’euros.
- D’autres personnalités norvégiennes, dont l’ancienne Première ministre et la princesse héritière Mette-Marit, sont également mentionnées dans les documents publiés.
La démission de Mona Juul, ancienne ambassadrice de Norvège en Jordanie et en Irak, intervient après la publication de nouveaux documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Le ministère norvégien des Affaires étrangères a annoncé hier que Juul avait présenté sa démission, suite à l’ouverture d’une enquête interne. Elle avait déjà été temporairement suspendue de ses fonctions en raison de ces liens controversés.
Mona Juul et son mari, Terje Röd-Larsen, ont joué un rôle clé dans les négociations secrètes qui ont mené aux accords d’Oslo au début des années 1990, ouvrant la voie à une tentative de résolution du conflit israélo-palestinien. Cependant, l’attention s’est désormais portée sur les liens financiers qui unissaient la famille Juul-Röd-Larsen à Jeffrey Epstein.
Selon les médias norvégiens, les deux enfants du couple sont désignés comme héritiers dans le testament d’Epstein, se voyant attribuer un total de 10 millions de dollars américains (8,5 millions d’euros). Cette révélation a suscité une vive réaction en Norvège et alimente les interrogations sur la nature exacte des relations entre Mona Juul et le financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures.
Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a qualifié la démission de Juul de « décision juste et nécessaire ».
« Il s’agit d’une décision appropriée compte tenu des circonstances »,
Espen Barth Eide, ministre norvégien des Affaires étrangères
Il a précisé que le ministère continuerait à collaborer avec Mona Juul dans le cadre de l’enquête en cours, afin de déterminer l’étendue de ses liens avec Epstein.
L’affaire ne s’arrête pas là. Fin janvier, le ministère de la Justice américain a rendu publics plus de trois millions de documents supplémentaires relatifs à l’affaire Epstein, comprenant des courriels, des photographies et des vidéos. Ces documents révèlent que d’autres personnalités norvégiennes de premier plan figuraient également dans l’entourage d’Epstein. Les noms de l’ancien Premier ministre et ancien secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjörn Jagland, ainsi que de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Börge Brende, actuel président du Forum économique mondial de Davos depuis 2017, ont été mentionnés dans ces nouveaux fichiers.
La princesse héritière de Norvège, Mette-Marit, a également admis avoir commis des « erreurs embarrassantes » après que les médias norvégiens ont révélé son amitié avec Epstein. Son nom apparaîtrait au moins mille fois dans les documents récemment publiés.
Les conséquences de la publication des dossiers Epstein ne se limitent pas à la Norvège. Aux États-Unis, le député républicain Thomas Massie a récemment appelé à la démission du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, estimant qu’il avait menti sur ses relations avec le financier déchu. Massie a affirmé que Lutnick avait visité l’île privée d’Epstein et entretenu des liens commerciaux avec lui, même après sa condamnation en 2008.
« Le secrétaire au Commerce a beaucoup de questions à répondre, mais il devrait simplement démissionner pour faciliter la tâche au président Trump »,
Thomas Massie, député républicain américain
Lutnick apparaît à plusieurs reprises dans les fichiers publiés, mais le simple fait d’être mentionné ne constitue pas en soi une preuve d’acte répréhensible.