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Politique allemande à l’égard de l’Iran : les Iraniens exilés exigent de repenser leur politique

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Publié le 8 février 2026 à 22h45. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Berlin pour exprimer leur solidarité avec les manifestants en Iran et appeler à un changement radical de la politique allemande envers Téhéran.

  • Des groupes d’exilés iraniens ont organisé une grande manifestation à Berlin en signe de soutien aux protestations en Iran.
  • Les manifestants demandent un réalignement de la politique iranienne de l’Allemagne, notamment des sanctions plus sévères et la rupture des relations diplomatiques.
  • L’opposition en exil critique la politique d’apaisement et appelle à des mesures plus fermes contre le régime iranien et les Gardiens de la Révolution.

Berlin a été le théâtre d’une importante manifestation ce samedi, rassemblant des milliers de personnes issues de la diaspora iranienne et de leurs soutiens. L’objectif : exprimer une solidarité sans faille avec les protestataires en Iran et exercer une pression accrue sur le gouvernement allemand pour qu’il adopte une position plus ferme envers le régime de Téhéran.

Les organisateurs ont annoncé à la police un nombre de 20 000 participants, mais la foule pourrait être encore plus importante. Une large coalition d’associations iraniennes et d’organisations d’opposition en exil, actives en Allemagne et dans d’autres pays européens, a été invitée à participer. Tous partagent la même indignation face à la répression violente des manifestations en Iran et aspirent à un changement de régime, soutenu par le peuple iranien. Ils comptent sur le soutien des pays occidentaux pour atteindre cet objectif.

Javad Dabiran, du Conseil national de la Résistance iranienne, l’un des principaux organisateurs de la manifestation berlinoise, estime que l’Allemagne a longtemps entretenu l’illusion d’un changement de comportement du régime iranien. « C’est une illusion », a-t-il déclaré.

« Assez de politique d’apaisement »

Les manifestants réclament la fin d’une politique qui tente d’influencer le régime iranien par la voie diplomatique, y compris par le biais de projets économiques. Reza Asghari, député CDU au Bundestag, partage ce point de vue. Il a exprimé son indignation face aux images et aux nouvelles provenant d’Iran lors d’une intervention au Bundestag à la mi-janvier.

Asghari a personnellement connu la brutalité du système iranien, ayant passé plus de deux ans et demi en prison dans sa jeunesse. Il plaide pour que l’Europe cesse d’être un simple spectateur et agisse. La question est de savoir comment le gouvernement fédéral et l’Union européenne pourraient concrètement s’y prendre.

Demande de rupture des relations

L’opposition en exil exige la chute du régime et la fin de toute considération accordée aux négociations sur le programme nucléaire iranien ou aux intérêts économiques. Elle réclame la fermeture des ambassades de Téhéran dans tous les pays de l’Union européenne.

Cette proposition est cependant accueillie avec prudence par le gouvernement allemand, qui estime qu’un minimum de relations diplomatiques est nécessaire, notamment pour assurer un soutien consulaire aux citoyens. Les consulats généraux iraniens en Allemagne ont déjà été fermés en octobre 2024, en réponse à l’exécution de Djamshid Sharmahd, un Germano-Iranien.

Le ton du gouvernement allemand à l’égard des dirigeants iraniens a néanmoins changé. Le chancelier Friedrich Merz a nié toute légitimité au régime compte tenu de la violence qu’il exerce contre son propre peuple. Le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a cessé tout contact téléphonique avec son homologue iranien, privilégiant d’autres canaux de communication.

Des mesures plus sévères contre les Gardiens de la Révolution

Les pays de l’UE se sont également mis d’accord pour classer les Gardiens de la Révolution islamique parmi les organisations terroristes, considérés comme l’épine dorsale militaire du régime et un acteur majeur de l’économie iranienne. Le Conseil national de la Résistance iranienne estime qu’il faut exercer une pression encore plus forte pour empêcher l’argent d’affluer vers le régime par des circuits détournés.

L’organisation, qui a elle-même été qualifiée de terroriste par certains, en raison de ses actions violentes passées contre le régime iranien, est perçue par d’autres comme un espoir, car elle donne une voix aux opposants au régime à l’étranger.

Plus de sanctions

La question de savoir ce que l’Allemagne pourrait faire d’autre pour accroître la pression sur le régime préoccupe également Parsa Marvi, député SPD. Il appelle à une action plus cohérente contre les réseaux qui aident à contourner les sanctions et à davantage de restrictions commerciales, l’Allemagne étant le principal partenaire commercial de l’Iran au sein de l’UE.

Bien que le volume des échanges ait considérablement diminué après la réintroduction des sanctions, atteignant environ un milliard d’euros l’année dernière, des militants comme Javad Dabiran estiment qu’il reste une marge de manœuvre. Ils rejettent l’argument selon lequel les marchandises livrées seraient principalement des produits de première nécessité, tels que des médicaments, destinés à la population iranienne, affirmant que l’argent sert en réalité à financer la terreur et la répression.

Pression sur les exilés iraniens

Le gouvernement fédéral devrait également prendre des mesures plus sévères contre le réseau d’agents du régime iranien en Allemagne, qui menacent et exercent des pressions sur les opposants, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes. Le Bureau pour la protection de la Constitution considère l’Iran comme l’un des principaux acteurs de la répression transnationale.

Les partis sociaux-démocrates, la gauche et les Verts réclament également une meilleure protection des opposants iraniens, ainsi que l’arrêt des expulsions et l’octroi de visas humanitaires aux critiques du régime. Le ministre des Affaires étrangères Wadephul espère que l’attention portée à la situation en Iran ne diminuera pas et que des mesures concrètes seront prises dans un avenir proche.

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