L’attente se prolonge pour Framber Valdez, l’un des meilleurs lanceurs disponibles sur le marché des agents libres, alors que les camps d’entraînement de printemps ouvrent leurs portes cette semaine. À 32 ans, le gaucher, pilier des Astros de Houston, n’a toujours pas trouvé d’accord, soulevant des interrogations sur les raisons de cette situation.
Valdez a affiché de solides performances la saison dernière, avec 192 manches lancées et une moyenne de points mérités (MPM) de 3,66. Ses statistiques avancées (FIP de 3,37 et xERA de 3,74) confirment sa constance et son efficacité. Pourtant, malgré ces chiffres impressionnants, il reste sans contrat.
La première piste concrète est apparue mardi : les Blue Jays de Toronto auraient rencontré Valdez en novembre, avant de s’entendre avec Dylan Cease, selon le réseau sportif. Toronto dispose actuellement de six lanceurs pour seulement cinq postes en rotation (Cease, Shane Bieber, José Berrios, Kévin Gausman, Cody Ponce et Trey Yesavage), ce qui suggère un intérêt opportuniste pour Valdez, prêt à saisir la moindre occasion.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce retard. Le camp de Valdez pourrait avoir fixé des exigences financières élevées, incluant une compensation en choix de repêchage pour l’équipe qui le signera. Certaines équipes pourraient hésiter à investir autant, estimant que le coût ne correspond pas à la valeur du lanceur.
Au-delà des considérations financières, des signaux d’alerte émergent concernant la performance de Valdez. Son changement de balle, autrefois une arme redoutable, a perdu de son efficacité au fil des saisons, affectant sa capacité à neutraliser les frappeurs droitiers. Ses taux de retraits au bâton ont diminué, tandis que son taux de buts sur balles a augmenté, approchant la moyenne de la ligue.
Les statistiques le confirment : son taux de retraits au bâton est passé de 24,8 % à 22,2 % au cours des dernières saisons, tandis que son taux de buts sur balles est monté de 7,1 % à 8,4 %. De plus, il concède de plus en plus de contacts solides, avec un taux de 46,3 % l’année dernière, le sixième plus élevé de la ligue.
Bien que Valdez conserve une capacité à générer des balles au sol (58,6 % en 2023, contre une moyenne de 41,8 % dans la ligue), il en provoque moins qu’auparavant, ce qui n’est pas passé inaperçu.
Cependant, il est important de nuancer ces observations. Ces « drapeaux rouges » indiquent plutôt une tendance à la régression vers la moyenne qu’une perte de talent brutale. Valdez ne risque pas de devenir un lanceur de 5,00 ERA, mais pourrait se rapprocher d’une MPM de 3,80 plutôt que de 3,30. Cela pourrait inciter certaines équipes à la prudence.
Un incident survenu le 2 septembre dernier pourrait également susciter des inquiétudes. Valdez a semblé intentionnellement lancer une balle rapide en direction du receveur César Salazar, le frappant à la poitrine après avoir concédé un grand chelem. Bien qu’il ait présenté ses excuses, cet acte a soulevé des questions sur son comportement et son contrôle émotionnel.
Certains joueurs peuvent avoir des personnalités difficiles, et les équipes apprennent à composer avec cela tant que les performances sont au rendez-vous. Valdez a contribué au succès des Astros, remportant une Série mondiale et plusieurs titres de division. Il est donc possible que les préoccupations liées à son caractère ne soient pas un obstacle majeur, mais plutôt un levier de négociation.
À l’approche des matchs de printemps, il est probable que Valdez finisse par s’entendre avec une équipe, peut-être pour un contrat à court terme et bien rémunéré (deux ou trois ans à 25-27 millions de dollars par an, avec des options). Les Orioles de Baltimore, les Cubs de Chicago, les Tigers de Detroit, les Padres de San Diego et les Giants de San Francisco pourraient être des prétendants intéressés. Une surprise n’est pas à exclure, avec l’éventualité d’une offre inattendue des Athletics ou des Braves d’Atlanta.