Publié le 19 février 2026 à 16h35. Le constructeur aéronautique européen Airbus a annoncé des résultats record pour 2025, mais voit sa croissance freinée par les difficultés d’approvisionnement en moteurs, notamment ceux fabriqués par Pratt & Whitney.
- Airbus a réalisé un bénéfice net de 5,2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 23 % par rapport à l’année précédente.
- Le chiffre d’affaires du groupe s’élève à 73,4 milliards d’euros, avec un Ebit ajusté de 7,1 milliards d’euros.
- Les retards de livraison des moteurs Pratt & Whitney constituent un frein majeur à la production et aux livraisons, en particulier pour les modèles A320 et A321neo.
Malgré une demande soutenue pour ses appareils, Airbus se heurte à des problèmes d’approvisionnement qui menacent ses objectifs de croissance. Le groupe prévoit de livrer 870 avions commerciaux en 2026, contre 793 l’année dernière, mais cette ambition est compromise par les difficultés rencontrées avec ses fournisseurs de moteurs.
Selon Guillaume Faury, PDG d’Airbus, 2025 a été une année charnière.
« 2025 a été une année cruciale, caractérisée par une très forte demande pour nos produits et services dans toutes nos activités, avec des résultats financiers records et la réalisation d’étapes stratégiques importantes »
Guillaume Faury, PDG d’Airbus
La pénurie de moteurs, en particulier ceux fournis par Pratt & Whitney, a contraint l’entreprise à une course contre la montre pour atteindre ses objectifs de livraison de l’année dernière, qui avaient déjà été revus à la baisse en raison de ces mêmes problèmes.
Airbus déplore un manque de réactivité de la part de Pratt & Whitney, qui a dû faire face à des inspections supplémentaires sur ses moteurs à partir de 2023, entraînant des immobilisations prolongées de flottes entières. Le constructeur européen envisage même d’engager une action en justice contre le motoriste, estimant qu’il ne respecte pas ses engagements contractuels.
« Ils ne respectent pas le contrat. Et je suis très frustré par la situation. »
Guillaume Faury, PDG d’Airbus
Cette situation a conduit à l’accumulation d’avions « planeurs » – c’est-à-dire sans moteurs – dans les usines toulousaines, comme l’a constaté notre envoyé spécial, témoignant des difficultés de production.
Cette crise moteur profite indirectement à Boeing, le concurrent américain, qui a réussi à livrer un nombre record d’avions en 2025, soit le plus grand nombre depuis 2018, grâce à l’absence de problèmes similaires avec ses propres fournisseurs de moteurs. Parallèlement, Airbus a publié des bénéfices ajustés avant intérêts et impôts de 2,98 milliards d’euros au quatrième trimestre, et un chiffre d’affaires en hausse de 5 % à 25,98 milliards d’euros. Le bénéfice d’exploitation d’Airbus Commercial a augmenté de 7 % à 2,2 milliards d’euros, tandis que les bénéfices de la division Défense et Espace ont quadruplé à 378 millions d’euros.
Pour 2026, Airbus table sur un Ebit ajusté d’environ 7,5 milliards d’euros et propose un dividende de 3,2 euros par action pour 2025. De son côté, ATR, la coentreprise Airbus-Leonardo, a enregistré un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars en 2025, dont 538 millions provenant des services clients, et a livré 32 avions, un chiffre inférieur à ses objectifs. Le constructeur a reçu 60 commandes (50 nettes).